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Macro-économie / Taux / Michael Barr / Fed / Donald Trump

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Michael Barr / Fed / Donald Trump

États-Unis : le patron de la régulation bancaire à la Fed abandonne / Il demeurera néanmoins au Conseil des gouverneurs

Alors que son mandat courait jusqu’en juillet 2026, le vice-président en charge de la supervision bancaire au sein de l’institution de Washington a préféré jeter l’éponge, souhaitant rester « simple » gouverneur. Une démission on ne peut plus politique.
Michael Barr - SAUL LOEB / AFP
Michael Barr - SAUL LOEB / AFP

Il veut s’éviter une potentielle guerre avec le pouvoir politique. Michael Barr, vice-président en charge de la supervision bancaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), a annoncé qu’il démissionnait de ses fonctions, décision qui sera effective le 28 février. "Ce fut un honneur et un privilège de servir en tant que vice-président de la Réserve fédérale pour la supervision, et de travailler avec mes collègues pour aider à maintenir la stabilité et la force du système financier américain afin qu’il puisse répondre aux besoins des familles et des entreprises américaines", a-t-il écrit dans sa lettre de démission. Michael Barr avait été nommé par le président Joe Biden en juillet 2022 et son mandat courait jusqu’en juillet 2026.

Comment expliquer alors ce choix ? "Le risque d’un conflit autour de ce poste pourrait nous détourner de notre mission. Dans le contexte actuel, j’ai décidé que je serais plus efficace au service du peuple américain dans mon rôle de gouverneur", a justifié Michael Barr. Rappelons que le poste de vice-président chargé de la supervision a été créé après la crise financière mondiale afin d’accroître la responsabilité, la transparence et l’obligation de rendre compte de la supervision et de la réglementation du système financier par la Fed. Le mandat de gouverneur de Michael Barr se termine, lui, en 2032.

Compte tenu de sa volonté de renforcer la réglementation ainsi qu’il l’a démontré dans le cadre du chantier en cours sur la transposition des accords réglementaires de Bâle III (même s’il a lâché du lest depuis la version initiale) qui conduirait, entre autres, à ce que les banques américaines doivent gonfler leur niveau de fonds propres, Michael Barr n’est en odeur de sainteté ni au sein du secteur bancaire américain, ni parmi les parlementaires républicains mais surtout : il ne jouirait pas d’une franche sympathie dans l’entourage du président élu Donald Trump. En effet, ce dernier plaide pour une dérégulation sensible du secteur financier.

Alors que des rumeurs faisaient état de la volonté de Donald Trump de rétrograder Michael Barr (lui retirer la vice-présidence en charge de la supervision), le banquier central avait demandé l’avis d’un cabinet d’avocats pour étudier les options qui s’offriraient à lui dans une telle situation. D’après ses avocats et ainsi que celui de la Fed, il pourrait finir par remporter le combat judiciaire, mais ce serait "profondément désagréable", a fait valoir Michael Barr.

Qui prendra la suite ? Actuellement, aucun poste n’est vacant au sein du Conseil des gouverneurs de la Fed (sept membres). De sorte que, le successeur de Michael Barr pourrait être un de ses collègues. Christopher Waller et Michelle Bowman, tous deux nommés par le président Trump durant son premier mandat, tiendraient la corde (Michelle Bowman fut très critique des projets de Michael Barr en termes de régulation bancaire).

Autre solution : Donald Trump pourrait convaincre un des sept membres du Conseil de quitter la Fed en le nommant dans une prestigieuse institution par exemple à la tête du Fonds de garantie des dépôts (FDIC), ce qui libérerait une place.

A noter que le prochain mandat de gouverneur qui arrive à son terme est celui d’Adriana Kugler. Ce sera le 31 janvier 2026.

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