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Macro-économie / Taux / Fed / Jerome Powell / Inflation

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Fed / Jerome Powell / Inflation

Guerre au Moyen-Orient : la Fed ne perd pas le nord / Choc pétrolier et baisse de taux guère antinomiques

Le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Banque centrale américaine continue d’anticiper au moins une baisse de taux d’intérêt cette année malgré l’inflation élevée persistante à laquelle vient s’ajouter le choc énergétique.
Jerome Powell, président de la Fed - Photo par KEVIN DIETSCH / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
Jerome Powell, président de la Fed - Photo par KEVIN DIETSCH / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

La Banque centrale américaine n’en démord pas, les taux ne devraient pas rester inchangés au cours des mois à venir. Pourtant, si l’inflation a nettement reculé par rapport à ses sommets de la mi-2022, elle reste « quelque peu élevée par rapport à notre objectif de long terme de 2 % », a reconnu Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), à l’occasion de sa conférence de presse. L’indice des prix des dépenses de consommation personnelle évolue à un rythme annuel proche de 3 % tout comme sa composante sous-jacente (hors alimentation et énergie).

« Ces niveaux élevés reflètent en grande partie l’inflation dans le secteur des biens, stimulée par les effets des droits de douane », a pointé Jerome Powell. Et en plus du choc tarifaire, la Fed doit maintenant tenir compte d’une envolée des prix du pétrole en lien avec la guerre en Iran. « Les implications des événements au Moyen-Orient pour l’économie américaine sont incertaines. À court terme, la hausse des prix de l’énergie poussera l’inflation globale à la hausse, mais il est encore trop tôt pour connaître l’ampleur et la durée des effets potentiels sur l’économie », a déclaré le banquier central.

La prévision médiane d’inflation des membres du Comité de politique monétaire (FOMC) a en tout cas été relevée à 2,7 % pour 2026, soit 0,3 point de plus que ce qu’ils anticipaient en décembre dernier, et de 0,1 point l’année prochaine (2,2 %). La prévision de croissance a elle aussi été revue à la hausse, à 2,4 % pour cette année, 2,3 % en 2027 et 2,1 % en 2028, contre respectivement 2,3 %, 2 %, 1,9 % précédemment.

Malgré cela, le FOMC continue d’anticiper (médiane) une baisse de 25 points de base du taux directeur cette année. Pour mémoire, il se situe aujourd’hui entre 3,5 % et 3,75 %, soit en territoire légèrement restrictif. « Il semble que la Fed adopte une position similaire à celle de 2021, lorsqu’elle estimait que l’inflation serait 'transitoire' pendant un choc d’offre, et qu’il n’était pas nécessaire de relever les taux. Cependant, à l’époque, un marché de l’emploi solide, une forte croissance des salaires, une demande refoulée à la sortie des confinements et les chèques de relance avaient entraîné une forte hausse des dépenses de consommation et une envolée de l’inflation », estiment les économistes d’ING. « Aujourd’hui, le marché du travail est nettement plus fragile », soulignent-ils. En net, l’économie américaine ne crée plus d’emplois depuis près d’un an.

« Étant donné que les anticipations d’inflation semblent rester contenues et que les risques pour le marché du travail persistent, nous pensons donc que la Fed conservera une orientation favorable à des baisses de taux cette année », juge Michael Pearce chef économiste chez Oxford Economics, qui anticipe, comme ING, deux baisses de taux cette année.

De leur côté, les marchés à terme jugent que la probabilité qu’il y ait au moins une baisse de taux en 2026 est de 38,5 %, peut-on calculer grâce au CME FedWatch Tool.

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