Macro-économie / Taux / BCE / bulletin économique / marché du travail
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BCE / bulletin économique / marché du travail
Le marché du travail européen referme une parenthèse / Il devrait à nouveau être corrélé à la production dans le futur
La loi d’Okun ne serait donc pas reléguée aux oubliettes de la science économique. Le bulletin économique de la Banque centrale européenne (BCE) tâche bien d’expliquer la résilience du marché du travail de la zone euro entre 2022 et 2024 et de déterminer pourquoi cette règle liant l’emploi à la croissance de la production a pu être rendue moins pertinente.
Il est ainsi rapporté qu’au troisième trimestre 2024, "l’écart entre l’emploi réel et celui suggéré par la croissance du PIB s’est élevé à près de 600 000 travailleurs, soit environ 0,35 %". Une des clés de compréhension de cette dynamique se trouve selon l’institution dans le fait "que les entreprises ont conservé leurs travailleurs, facilitée par la hausse des bénéfices des entreprises, la baisse des salaires réels et la baisse du nombre moyen d’heures travaillées par personne employée, ainsi que par une croissance robuste de la population active". La croissance de la productivité en glissement trimestriel serait même devenue négative au quatrième trimestre de 2022 dans la zone euro et demeure depuis en dessous de sa tendance prépandémique.
Retournement
Le taux de chômage connaît des niveaux historiquement bas, ayant même en septembre 2024, été mesuré à 6,3 %, "soit le niveau le plus bas jamais enregistré depuis l’introduction de l’euro et 1,1 point de pourcentage en dessous du niveau prépandémique observé en janvier 2020". Cette parenthèse dorée pourrait ne pas durer à en croire Francfort, parmi les explications données on comprend qu’une situation économique détériorée n’y est pas pour rien.
Il est en effet argué que dans l’hypothèse d’une anticipation d’une baisse permanente de la demande, "les entreprises n’ont aucune incitation à conserver leurs travailleurs, étant donné que leur apport en main-d’œuvre ne serait pas nécessaire". L’indicateur de rétention de main-d’œuvre de la BCE ne dit pas autre chose puisqu’il laisse apercevoir "une diminution progressive de la capacité ou de la volonté des entreprises à conserver leur main-d’œuvre".
De l’autre côté du spectre ce sont les salaires réels qui en se réalignant sur leur tendance de long terme normaliseraient la situation puisqu’après avoir baissé "par rapport aux autres prix des intrants, la main-d’œuvre devient plus abordable que l’énergie, les biens d’équipement et les biens intermédiaires", ce qui a pu entraîner des effets de réaffectation et de substitution. L’inflation a pu contribuer à donner une plus grande marge de manœuvre aux entreprises en baissant le coût salarial, désormais ce phénomène tend à être corrigé.
Calmer
Pas de catastrophe à attendre pour autant. Le bulletin économique considère que "le marché du travail de la zone euro devrait se rapprocher de sa corrélation historique avec la production, étant donné que l’on prévoit que certains des facteurs cycliques qui soutenaient l’emploi s’atténueront ". Outre les raisons conjoncturelles s’estompant, des forces de long terme devraient jouer également que ce soit la dynamique démographique et donc de la population active ou encore les tendances lourdes sur le nombre d’heures travaillées.
Les gouvernements ne sont pour autant pas sans armes puisqu’il est fait état de l’importance pour l’emploi de "la réaffectation en cours des ressources et des efforts déployés pour soutenir la transition écologique et numérique ".
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