Macro-économie / Taux / Unedic / marché du travail
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Unedic / marché du travail
L’Unédic stoppée sur sa lancée / Son désendettement entravé par une conjoncture moribonde
Le désendettement de l’Unédic attendra. Déplorant un endettement net de 59,3 milliards d’euros en 2024, le régime de l’assurance-chômage ne devrait pas être en mesure de le résorber cette année et la suivante, contrairement à ce qui était anticipé. Il est prévu à 59,5 milliards d’euros en 2025, 59,3 milliards d’euros en 2026 puis à 53 milliards d’euros en 2027 (contre 44,3 milliards d’euros dans les prévisions d’octobre 2024 de l’organisme).
C’est l’état attendu de la conjoncture qui explique cette révision. S’appuyant sur le consensus des économistes, elle rapporte que la croissance en volume du Produit intérieur brut (PIB) de la France serait plus faible que prévu à l’horizon de la prévision : 0,7 % en 2025, 1 % en 2026 et 1,2 % en 2027. Cela reflète "l’attentisme des agents économiques face aux incertitudes notamment sur le plan politique, mais également l’installation de difficultés économiques", souligne l’organisme.
Dans deux ans, le PIB se situerait 0,8 % en dessous du niveau qui aurait été le sien dans l’ancienne prévision. L’inflation s’annonce également plus faible qu’escompté. Le consensus juge qu’entre 2025 et 2027 les prix à la consommation augmenteront de 5 %, soit 0,4 point de moins que précédemment.
Une moindre croissance nominale implique une progression de la masse salariale moins importante, d’une part parce que cela signifie que les rémunérations en valeur augmenteront moins vite, d’autre part puisque les créations nettes d’emplois seront moins élevées qu’attendus, deux phénomènes qui impliquent moins de recettes (cotisations) pour le régime.
Dans le détail, l’Unédic s’attend à 168 000 créations nettes d’emplois en cumulé entre 2025 et 2027 contre 308 000 auparavant. Le nombre de chômeurs indemnisés, lui, ne va diminuer "que" de 160 000 entre 2025 et 2027 contre 240 000 attendu précédemment.
Le désendettement reprendrait en 2027 alors que le régime devrait afficher un excédent de 6,3 milliards d’euros (contre quasiment 0 en 2024, 2025 et 2026).
Cela serait rendu possible grâce à l’amélioration de la situation économique mais surtout parce que les prélèvements de l’Etat devraient cesser (ils atteindraient en tout 12,05 milliards d’euros entre 2023 et 2026). Ces prélèvements servent au financement de France Compétences et France Travail et se traduisent par de moindres compensations sur les allègements généraux de cotisations patronales, et par conséquent une réduction des recettes perçues pour l’Unédic.
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