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Macro-économie / Taux / or / Financière de l'Echiquier / Franck Languillat

Macro-économie / Taux
or / Financière de l'Echiquier / Franck Languillat

La politique monétaire ne laisse pas l’or tranquille / Une remontée des taux longs américains ne favorise pas son appréciation

La baisse des taux directeurs des différentes banques centrales laisserait augurer d’arbitrages d’investissement en faveur de l’or, cependant les craintes des banquiers centraux concernant l’inflation en cette fin d’année ne jouent pas en la faveur du métal jaune. Franck Languillat, directeur général de La Financière de la Cité, confie à WanSquare que d’autres relais de croissance pourraient venir au soutien du cours de l’or. Ce qui n’est pas une mince affaire lorsqu’on se souvient qu’en novembre l’or était en chemin vers sa meilleure performance annuelle depuis plus de dix ans, en progressant de 28 %.
YASSER AL-ZAYYAT / AFP
YASSER AL-ZAYYAT / AFP

Toujours plus loin, toujours plus haut. Le Conseil mondial de l’or (WGC) ne promet pas la lune en 2025 mais demeure fondamentalement positif. Ses prévisions évoquent un "consensus du marché sur les variables macroéconomiques clés telles que le PIB, les rendements et l’inflation - [qui] s’il est pris au pied de la lettre - suggère une croissance positive mais beaucoup plus modeste pour l’or en 2025 ".

Les aléas ne sont pas absents du discours du WGC, ce dernier considérant que " pour l’avenir, tous les regards sont tournés vers ce que le second mandat de Trump pourrait signifier pour l’économie mondiale". Il n’exclut pas que l’attrait pour l’or en qualité de "couverture dans un contexte de volatilité croissante des marchés et de risque géopolitique ", joue à nouveau en 2025 après avoir contribué grandement à faire monter le cours en 2024. Le principal Némésis à craindre pour l’institution résiderait dans un "renversement de la politique monétaire, entraînant une hausse des taux d’intérêt, serait probablement source de difficultés".

Franck Languillat, directeur général de La Financière de la Cité, considère quant à lui que "l’exposition à l’or est avant tout une conviction de long terme, on constate d’ailleurs dans les statistiques du troisième trimestre 2024 que ce sont avant toutes les Banques centrales et assimilés qui ont un gros appétit pour l’or ". Il constate que l’exposition à l’or physique que propose La Financière de la Cité attire presque exclusivement des investisseurs pour un placement sur le temps long. Il confie également à WanSquare que le principal danger pour l’or est "davantage à chercher du côté du léger changement de ton de la part de la Fed, la remontée associée des taux longs américains est un facteur assez défavorable à une hausse de l’or". De quoi annihiler en partie les effets de l’assouplissement monétaire entamé il y a plusieurs mois.

 

Relais

 

Là où le conseil mondial de l’or juge qu’un des catalyseurs d’une hausse pourrait venir "d’une demande plus forte que prévu de la part des banques centrales, ou d’une détérioration rapide des conditions financières conduisant à des flux de fuite vers la qualité". Du côté du directeur général de La Financière de la Cité on considère que ces acteurs "vont toujours être intéressés par l’or à court terme étant donné que le climat international reste particulièrement tendu. Les instituts d’émission turc et polonais ont ainsi acheté deux fois plus d’or en 2024 (à date du troisième trimestre) que ne l’a fait leur homologue chinois".

La demande d’or chinoise n’en demeure "déterminante" pour le WGC, ce dernier considère que dernièrement "les consommateurs sont restés à l’écart tandis que les investisseurs ont apporté leur soutien ". Une dynamique susceptible de changer étant sujette aux changements de paradigmes sur le commerce ou encore à d’éventuelles mesures de relances.

 

Dynamique

 

Un facteur important de soutien se trouve être dans les pays émergents, avec en figure de proue l’Inde. Franck Languillat la qualifiant comme "un acteur assez naturel notamment sur la bijouterie. On peut imaginer qu’étant donné que le pays semble relativement protégés des droits de douane américains, tout en connaissant une croissance à près de 6 % puisse y alimenter l’appétit pour l’or".

Un autre facteur pourrait jouer à plein régime l’an prochain. Là où dans les pays développés il est possible de souscrire à des produits financiers adossés sur l’or très facilement, la marge de progression semble plus conséquente ailleurs. Le directeur général de La Financière de la Cité estime qu’ils "continuent à se démocratiser que ce soit en Inde ou ailleurs dans le monde".

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