Macro-économie / Taux / obligations / souveraineté / Prime / Green bonds
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Un marché obligataire vert difficile à cerner / Les titres émis par les Etats de la zone euro bénéficient d’une forte demande
Tout juste balbutiant et apportant son lot d’interrogations. Voici comment le marché des obligations souveraines vertes est considéré depuis qu’il existe dans la zone euro en 2017. À la suite d’une émission hexagonale, tant les émetteurs que les investisseurs en sont friands, ce qui entraîne l’apparition d’une prime verte.
Deux économistes de la Banque de France profitent du blog de l’institution pour apporter des éléments au débat, ils caractérisent tout d’abord le phénomène comme le fait que la "demande pour ces titres serait telle qu’ils s’échangeraient sur le marché secondaire à un prix supérieur aux autres titres semblables mais sans label vert". Ce qui se répercute via un critère facilement vérifiable, celui d’un taux d’intérêt plus bas comparé à des titres classiques. Les auteurs évoquent un total de 21 émissions depuis 2017, ce pour un encours de près de 214 milliards d’euros et sept pays de la zone euro. Un échantillon très faible qui empêche d’en "déduire un lien de causalité fort à ce stade ", étant donné que ce marché est encore très jeune.
Discerner
La tâche est d’autant moins aisée, puisque s’il est bien fait état d’une accélération des émissions à compter de 2021, une prime verte moyenne de -2,8 points de base (bps) étant bien mesurée jusqu’au début de 2024 et pourtant ces opérations ne représentent qu’une faible partie du spectre obligataire (5 % en ce qui concerne la zone euro). Sur le blog de la Banque de France il est reconnu qu’il "subsisterait donc un déséquilibre offre-demande pouvant expliquer le maintien de la prime verte sur les obligations vertes souveraines".
Pourtant cette explication n’est pas suffisante aux yeux des auteurs, rien que pour l’année 2023 "il s’avère que les titres verts français ont bénéficié d’une prime verte moyenne pondérée de - 1,8 bps, les titres allemands d’une prime verte moyenne de - 3,1 bps et les titres italiens de - 5,2 bps, ce qui conduit à des écarts de primes qui ne correspondent pas à la "rareté" relative des émissions de titres verts dans chaque pays observée ". D’autres critères sont réfutés un à un qu’il s’agisse de l’impact de la notation souveraine ou même encore le pays émetteur, qui ne semble pas explicatif de la prime verte accordée à l’obligation
Technique
Un même niveau de crédibilité sur ses engagements environnementaux et un même ratio obligations vertes sur obligations totales pourrait bien déboucher sur des résultats bien différents. Un constat né de leurs observations notamment du fait qu’on "observe aussi que l’OAT verte 2044 ne bénéficie pas de prime verte significative en 2023 alors que l’OAT verte 2039 a en moyenne une prime de -3,1 bps".
Un certain nombre d’axiomes, au nombre de quatre, sont avancés pour expliquer les différences de primes vertes ; il s’agit des montants levés, de la liquidité du titre, de la maturité résiduelle et enfin de la base investisseurs. Reste à savoir s’ils résisteront à l’épreuve du temps.
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