WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
sécurité; Organisation mondiale du Commerce; mesures

Macro-économie / Taux / OMC / Ngozi Okonjo-Iweala / restrictions

Macro-économie / Taux
OMC / Ngozi Okonjo-Iweala / restrictions

Le protectionnisme a le vent en poupe avant même le retour de Trump / Un nouveau nombre de restrictions commerciales sont apparues en un an

Des membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) bien prompts à dégainer des mesures restrictives aux échanges, pas toujours compensées par d’autres visant au contraire à les faciliter. L’OMC évoque une augmentation des incertitudes pour l’économie mondiale résultant de cette dynamique.
Ngozi Okonjo-Iweala directrice générale de l'OMC. Photo by Fabrice COFFRINI / AFP
Ngozi Okonjo-Iweala directrice générale de l'OMC. Photo by Fabrice COFFRINI / AFP

"L’environnement commercial mondial semble de plus en plus fragile, incertain et précaire". Ngozi Okonjo-Iweala, fraîchement reconduite comme directrice générale de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), n’est pas franchement rassurée par la tournure des évènements et pourtant Donald Trump pourrait bien devenir le chantre de la restriction commerciale dans les prochains mois.

L’Organe d’examen des politiques commerciales de l’OMC révèle en effet qu’à "la mi-octobre 2024, le stock de restrictions à l’importation en vigueur affectait environ 2 942 milliards de dollars américains, ce qui représente 11,8 % des importations mondiales". À titre de comparaison, ce montant en 2023 n’était alors qu’uniquement de 2 480 milliards de dollars américains, soit 9,9 % des importations mondiales. La Nigériane considère que dès lors qu’il " y a peu de recul significatif des restrictions commerciales existantes. Cela signifie que le stock de restrictions commerciales continue de croître".

 

Craindre

 

La dirigeante a également souligné que les restrictions à l’exportation n’étaient pas en reste. On constate effectivement qu’au cours de la période d’examen, les mesures de restriction des exportations ont couvert pas moins de 276,7 milliards de dollars de marchandises, soit 1,1 % de la valeur des exportations mondiales de marchandises. On est là encore dans une dynamique très forte par rapport aux 0,7 % des exportations mondiales couvertes lors de la période précédente.

Il semble que tous les moyens sont bons ou presque pour restreindre les flux commerciaux. Les données mises à disposition par l’institution qu’une petite part du commerce mondial, 0,2 %, est aujourd’hui touchée par des mesures invoquant des considérations de sécurité nationale. L’OMC constate que sur les douze mois passés au peigne fin ce sont "plusieurs économies [qui] ont annoncé et mis en œuvre des mesures commerciales et liées au commerce", portant la couverture commerciale globale de celle-ci à près de 79,6 milliards de dollars américains.

 

Changer la donne

 

Quelques rares motifs de satisfactions sont cependant à l’ordre du jour, la directrice générale faisant part d’une "lueur d’espoir importante ici [qui] est que notre suivi des restrictions à l’exportation sur les denrées alimentaires, les aliments pour animaux et les engrais mis en place depuis fin février 2022 montre que celles-ci ont considérablement diminué, couvrant aujourd’hui une valeur commerciale estimée à 11,8 milliards de dollars, en baisse par rapport à 29,6 milliards de dollars il y a un an ".

Pas de quoi suffire à ses yeux puisqu’elle considère qu’il faut continuer à réformer le système commercial planétaire pour le rendre plus solide. Une doctrine qu’elle estime défendre de longue date et qu’elle affirme avoir mise "au cœur de ce que j’ai dit aux dirigeants du G20 au Brésil le mois dernier".

 

Cercle clos

 

Au-delà du constat d’un risque géopolitique qui pèse sur le commerce, on fait également le constat d’un commerce désormais de plus en plus ayant lieu entre des économies partageant les mêmes idées. Une tendance sur laquelle la guerre en Ukraine a agi tel un catalyseur. Les échanges entre les nations de l’hémisphère sud avaient déjà été mis en avant par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, qui en soulignait le potentiel de croissance.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article