WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Banque des règlements internationaux / Inflation / taux d'intérêt / Banque centrale

Macro-économie / Taux
Banque des règlements internationaux / Inflation / taux d'intérêt / Banque centrale

Inflation : pourquoi la bataille la plus difficile pourrait être devant nous / La Banque des règlements internationaux cite plusieurs raisons

Dans son rapport annuel, la banque des Banques centrales s’est en partie consacrée à analyser l’épisode actuel de hausse des prix à la consommation partout dans le monde. Si l’inflation a baissé d’un quart dans de nombreuses économies, le combat n’est pas terminé, bien au contraire. La seconde phase de désinflation, qui ramènera l’inflation à sa cible, s’annonce particulièrement ardue, avance la Banque des règlements internationaux.
Agustin Carstens, directeur général de la Banque des règlements internationaux - SAUL LOEB / AFP
Agustin Carstens, directeur général de la Banque des règlements internationaux - SAUL LOEB / AFP

"Le dernier kilomètre sera le plus compliqué". Agustin Carstens, directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI), n’a pas fait preuve de triomphalisme à l’occasion de la publication du rapport annuel de la banque des Banques centrales. Certes, "il y a eu beaucoup de progrès sur le front de l’inflation ", a-t-il déclaré (par rapport à son pic, elle a diminué d’un quart au sein des économies avancées et émergentes sous l’effet de l’effondrement des prix de l’énergie).

Il a néanmoins souligné que "l’inflation sous-jacente est encore élevée" (cet indicateur traduisant de manière plus fidèle la tendance fondamentale des prix à la consommation se stabilise au-dessus de 5 % l’an partout dans le monde). "Il reste à briser cette inflation qui est traditionnellement la moins aisée à combattre", a fait valoir Agustin Carstens.

De sorte que, "le retour à la cible d’inflation sera probablement plus difficile que la première phase du processus de désinflation", prévient la BRI dans son rapport. Notamment parce que le comportement des agents économiques pourrait rendre la tâche particulièrement compliquée. "Les ménages et les entreprises peuvent s’adapter à une inflation durablement plus élevée en essayant de récupérer les pertes antérieures et en cherchant à éviter les pertes futures attendues par le biais de leurs décisions en matière de fixation des salaires et des prix", expliquent les économistes de l’institution de Bâle.

A titre d’exemple, tandis que deux tiers de l’inflation en zone euro de l’an passé serait le produit de l’évolution des marges des entreprises, la Banque centrale européenne (BCE) a récemment insisté sur le fait qu’elle surveillait comme le lait sur le feu la croissance des salaires nominaux en vue de tenir son objectif d’inflation.

Se penchant sur les épisodes inflationnistes passés, la BRI note que l’inflation globale est généralement revenue aux niveaux d’avant le pic (ou même plus bas) en l’espace d’un ou deux ans. L’inflation sous-jacente a eu tendance à suivre une trajectoire similaire. Néanmoins, "un certain nombre de caractéristiques distinguent l’épisode actuel des précédents et indiquent que la désinflation pourrait s’avérer difficile", avance la BRI. D’une part, "les prix des services ont augmenté beaucoup plus rapidement et leur taux de variation n’a pas encore atteint son maximum. Cela pourrait signifier un parcours de désinflation potentiellement plus long", explique-t-elle.

D’autre part, "plutôt que l’épisode médian, la poussée actuelle ressemble davantage aux années 1970, lorsqu’un "premier kilomètre" de désinflation a été réalisé en l’espace d’environ un an, mais que l’inflation n’a ensuite diminué que progressivement : après deux ans, elle était encore généralement supérieure à son niveau d’avant la poussée", rappelle-t-elle.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article