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Hermès / luxe / ultra-luxe / Maroquinerie / Artisanat d'exception

Hermès a démarré 2022 sur les chapeaux de roues

Les ventes de la maison de luxe Hermès ont largement dépassé les attentes au premier trimestre. Les investissements engagés pour répondre à la demande pourraient néanmoins se répercuter sur les marges.
Hermès a vu ses ventes bondir de 33% au 1er trimestre / Photo by © Jarry-Tripelon / Onlyfrance.f / ONLY FRANCE / Only France via AFP
Hermès a vu ses ventes bondir de 33% au 1er trimestre / Photo by © Jarry-Tripelon / Onlyfrance.f / ONLY FRANCE / Only France via AFP

Les leaders français de l’ultra luxe se portent bien. Tandis que LVMH a impressionné par ses ventes records du premier trimestre, son concurrent Hermès a également démarré l’année en trombe. L’entreprise familiale a réalisé un chiffre d’affaires de 2,77 milliards d’euros de janvier à mars, en progression de 33% par rapport à la même période un an plus tôt.

L’écart par rapport aux anticipations est très significatif. La croissance organique à taux de change constant s’est établie à 27%, presque deux fois supérieure à la prévision de 15% du consensus des analystes. La comparaison avec la situation pré-pandémie est encore plus saisissante. "La hausse des ventes est de plus de 70% par rapport à il y a trois ans", note le courtier Stifel, rappelant que le chiffre d’affaires d’Hermès s’était établi à 1,6 milliard d'euros au premier trimestre 2019.

Rattrapage de production

Les activités de maroquinerie-sellerie, le métier le plus important du groupe dont elles représentent 43% des ventes, expliquent la bonne surprise en grande partie. La croissance organique de ce métier avait fortement ralenti au quatrième trimestre de l’année dernière, s’établissant à 11%, tandis que les ventes de la seule activité maroquinerie avaient reculé de 5% en raison de contraintes dans la production de cuir.

Tout est rentré dans l’ordre. Le groupe a cette fois-ci pu servir correctement une demande demeurée particulièrement soutenue dans la plupart des zones géographiques. Le métier "maroquinerie-sellerie", qui comprend les sacs, l’équitation, les agendas et la petite maroquinerie, a ainsi vu ses ventes grimper de 15,8% à taux de change constants sur le trimestre écoulé. Les autres divisions ont connu une croissance encore plus importante, de 44 % dans les "vêtements et accessoires" et de 62% dans l’horlogerie.

Face à l’essor de la demande, et même s’il limite volontairement la croissance en volume de sa production, provoquant de longues listes d'attente pour ses produits, Hermès continue d’ouvrir de nouveaux ateliers. Deux nouvelles maroquineries ont été annoncées pour 2025 et 2026, en Charente et en Gironde, qui accueilleront à terme 500 artisans. Celles-ci s’ajouteront aux trois sites en cours de construction de Louviers (Eure) en 2022, de la Sormonne (Ardennes) en 2023 et de Riom (Puy-de-Dôme) à horizon 2024.

Le groupe accélère ses investissements

En soulignant l’accélération de ses investissements et de ses recrutements, le groupe pourrait en contrepartie attirer l’attention sur ses perspectives de marge. "Le consensus table toujours sur une baisse de la marge opérationnelle de seulement 170 points de base en 2022" par rapport à 2021, note ainsi UBS, qui anticipe pour sa part un recul plus marqué, de 330 points de base. La rentabilité opérationnelle avait il est vrai atteint son plus haut niveau historique à 39% l’an dernier.

Comme à son habitude, Hermès ne fournit pas de prévisions détaillées, confirmant simplement son objectif de progression du chiffre d’affaires à taux constants à moyen terme, "malgré les incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires dans le monde". L’incertitude est aussi sanitaire. Jeudi, trois des 26 boutiques de l’entreprise en Chine étaient fermées en raison du confinement, a indiqué le directeur financier du groupe, Eric du Halgouet, lors d’une conférence téléphonique, en rappelant que les fondamentaux étaient "exceptionnels" dans le pays.

Quant à la Russie, où Hermès a fermé le mois dernier ses trois boutiques de Moscou à la suite de l’invasion de Ukraine, elle représente moins de 1% des ventes totales du groupe, a précisé le dirigeant. Le groupe a suspendu le mois dernier ses activités commerciales dans le pays, reportant sine die l'ouverture d'un magasin à Saint-Pétersbourg.

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