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Une figure bancaire à la table d’Hermès / Jean-Laurent Bonnafé rejoint le conseil de surveillance

C’est un passage de relais discret mais marquant. Chez Hermès, où la continuité fait partie de l’ADN, Jean-Laurent Bonnafé prend le relais de Dominique Senequier au conseil de surveillance. L’assemblée générale a aussi été l’occasion pour la maison de souligner la solidité de son modèle intégré, qui continue de porter la croissance dans un environnement incertain.
De gauche à droite, Eric de Seynes, Henri-Louis Bauer, Axel Dumas et Eric du Halgouët, lors de l'assemblée générale d'Hermès le 30 avril 2025
De gauche à droite, Eric de Seynes, Henri-Louis Bauer, Axel Dumas et Eric du Halgouët, lors de l'assemblée générale d'Hermès le 30 avril 2025

Chez Hermès, où l’excellence se cultive aussi dans la gouvernance, une personnalité majeure de la finance française succède à une autre. La maison, désormais première capitalisation boursière à Paris, vient d’accueillir Jean-Laurent Bonnafé en remplacement de Dominique Senequier, la fondatrice historique du groupe Ardian. La nomination du directeur général de BNP Paribas comme membre du conseil de surveillance pour une durée de trois ans, a été approuvée à la quasi-unanimité, avec un score de 99,95%, par les actionnaires de l’entreprise familiale lors de l’assemblée générale du groupe qui se tenait le 30 avril.

Avant la mise au vote de cette nomination qui constituait la 17ème résolution de l’assemblée, Eric de Seynes, le Président du conseil de surveillance d’Hermès, n’avait pas manqué de rappeler rapidement les états de services du nouveau venu "entré à la Banque Nationale de Paris en 1993, nommé 4 ans plus tard responsable de la stratégie et du développement, avant d'être chargé de la mission de rapprochement avec Paribas". Intégré en 2002 au comité exécutif de BNP, Jean-Laurent Bonnafé prend alors la direction du réseau bancaire en France, avant de cumuler dès 2006 cette fonction avec celle de directeur général de BNL en Italie. "Puis en 2008, il est nommé directeur général délégué et prend en charge l'ensemble des activités de banque de détail du groupe BNP Paribas. Depuis le 1ᵉʳ décembre 2011, Jean-Laurent Bonnafé est le directeur général de BNP Paribas", a sobrement rappelé Eric de Seynes, saluant au passage un "expert des dynamiques de marché" dont "les connaissances et l’expérience seront précieuses pour accompagner Hermès dans un environnement en perpétuelle évolution".

 

Mandat renouvelé pour Estelle Brachlianoff

 

Les actionnaires ont également approuvé lors de cette même assemblée la nomination de Cécile Béliot-Zind comme membre du conseil de surveillance pour une durée de trois ans. Directrice générale du groupe Bel depuis 2022, elle avait rejoint l’entreprise en 2019 comme directrice générale adjointe, en charge de la stratégie, des marchés et de la croissance.

"Avant cela, elle a acquis une vaste expérience internationale au sein de Kraft Foods et du groupe Danone, où elle a exercé différentes fonctions de marketing et de direction opérationnelle pendant plus de quinze ans", a rappelé Éric de Seynes. "Son expérience dans le secteur de l’agroalimentaire, sa connaissance des groupes familiaux, ses compétences techniques et son dynamisme seront des atouts précieux pour notre conseil", a-t-il fait valoir.

Parmi les membres dont le mandat a été renouvelé figure également Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, dont la reconduction constituait la 14ème résolution de l’assemblée, approuvée avec un score de 97,11%.

L’occasion aussi de rappeler que, dans une société en commandite par actions (SCA) comme Hermès, le conseil de surveillance ne joue pas un rôle décoratif. Au contraire, il occupe une place plus centrale encore que dans une société anonyme classique. Bien que sans pouvoir exécutif, il agit comme un contrepoids stratégique, garant du respect des orientations définies, dans un modèle où les commanditaires n’ont pas la main sur la gestion.

Cette assemblée générale offrait aussi l’opportunité aux dirigeants d’Hermès de réaffirmer les vertus du modèle économique de la maison, dans un contexte où le secteur du luxe a montré d’importants signes d’essoufflement. Le sellier parisien est parvenu à faire progresser ses ventes de 15 % en 2024, pour atteindre 15,2 milliards d’euros. Une performance qui "illustre la force du modèle Hermès […] fondé sur l'intégration verticale avec un ancrage territorial fort", a ainsi rappelé Axel Dumas, gérant d'Hermès.

 

Des investissements continus dans les outils de production

 

À rebours des logiques d’externalisation, la maison contrôle en effet l’essentiel de sa chaîne de valeur, de l’approvisionnement en matières premières jusqu’à la distribution. Une stratégie classique dans le luxe, mais que la maison pousse à un degré d’exigence rare. Ce modèle, affiné au fil du temps, lui permet de garantir l’excellence artisanale, de maintenir une rareté maîtrisée et de préserver son indépendance face aux aléas extérieurs.

L’arrière-petit-fils d’Émile Hermès et membre de la sixième génération à la tête de l’entreprise familiale a souligné la continuité des investissements destinés à renforcer cette organisation intégrée, avec "en moyenne, une maroquinerie [qui] voit le jour tous les 12 à 18 mois", a-t-il indiqué. Quant au réseau de distribution exclusif, "de nouvelles adresses ont été inaugurées, aux Etats-Unis, à Princeton près de l'université, ou en Asie avec une ouverture à Wuxi en Chine et deux ouvertures à Tokyo au Japon", a ajouté le dirigeant.

Ce modèle solide a encore permis au groupe d’afficher une croissance des ventes remarquable au premier trimestre 2025, avec un chiffre d'affaires de 4,1 milliards d'euros, en hausse de 9% à taux de change courant et de 7% à taux de change constant. "Dans un contexte géopolitique et économique plus complexe, Hermès a poursuivi sa route s'appuyant sur sa singularité et son modèle d'affaires intégré. En ce qui concerne les perspectives du groupe, je vous confirme qu'elles sont inchangées.", a souligné Axel Dumas, le groupe restant fidèle à son objectif ambitieux de progression du chiffre d’affaires à taux constants.

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