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Luxe : une nouvelle ère se profile pour l’actionnariat salarié / Une pratique jusqu’alors peu courante qui devient un atout stratégique

Si selon les premiers résultats de l’édition 2025 du Panorama de l’actionnariat salarié réalisé par Eres, l’intérêt des grands groupes cotés du SBF 120 pour l’actionnariat salarié est resté soutenu l’année dernière, 2024 aura surtout été marquée par la première opération menée par LVMH, signe de l’émergence du partage de la valeur dans le secteur du luxe.
Bernard Arnault (Photo by Dimitar DILKOFF / AFP)
Bernard Arnault (Photo by Dimitar DILKOFF / AFP)

Une nouvelle tendance mode serait-elle en train d’émerger ? Incontestablement selon les experts de l’actionnariat salariés. L’année 2024 aura, en effet, été marquée, en octobre dernier, par la première opération du groupe présidé par Bernard Arnault, "LVMH Shares". Un événement historique qui marque selon la société de conseil et de gestion, Eres, une transformation majeure dans le secteur du luxe, qui privilégiait depuis toujours le versement des primes d’intéressement et de participation, sans oublier l’octroi d’actions gratuites ou le versement de dividendes.

Un exercice où les entreprises du secteur excellaient d’ailleurs, avec en moyenne 15 418 euros de primes collectives distribuées aux collaborateurs en 2023 (dont une record de 32 929 euros par salarié dans l’une de ces sociétés) contre 6 392 euros de prime moyenne au sein de l’indice.

 

Une vision de long terme

 

Un statut de championnes des primes collectives qui ne les empêchait pas de rester, jusqu’alors, en bas des classements des entreprises pratiquant l’actionnariat salarié. Entre 2010 et 2024, seules six opérations de ce type via des augmentations de capital réservées aux salariés ont été réalisées dans le secteur du luxe par trois entreprises sur les cinq présentes dans l’indice (dont L’Oréal en 2018 et Kering en 2022), note Eres. "L’actionnariat salarié ne remplace pas les primes, mais les complète et forme une stratégie combinée : les primes valorisent les performances immédiates, tandis que l’actionnariat salarié pousse les collaborateurs à adopter une vision à long terme. Si ce modèle se généralise, il annonce une nouvelle ère où le luxe s’aligne mieux avec les valeurs de partage et de durabilité ", analyse Mirela Stoeva, directrice de l’offre et des études chez Eres.

 

Le meilleur outil pour fidéliser les talents

 

Au total, et selon les premiers résultats de l’édition 2025 du Panorama de l’actionnariat salariés réalisé par la société de conseil et de gestion, 38 opérations collectives au sein du SBF 120, sous forme d’augmentations de capital réservées aux salariés ou de cession d’actions existantes, ont été réalisées en 2024 par 34 entreprises du SBF 120, dont Planisware pour la première fois également.

Un nombre d’opérations qui ressort certes légèrement inférieur à celui des deux dernières années mais qui demeure bien au-dessus de la moyenne annuelle de 31 observées sur la décennie précédente. "En 2024, près d’un tiers des entreprises de l’indice a proposé une opération collective, ce qui témoigne de l’intérêt soutenu des grands groupes cotés pour l’actionnariat salarié. Ces entreprises se distinguent par la régularité de leurs initiatives en matière de partage de la valeur, proposant en moyenne un plan collectif tous les deux ans à l’ensemble de leurs employés. Parmi elles, une vingtaine va encore plus loin en ouvrant régulièrement leur capital aux salariés ", constate Mirela Stoeva, qui y voit "le signe d’une politique de ressources humaines fortes pour fidéliser et motiver les talents ".

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