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L’actionnariat salarié comme puissant carburant du secteur automobile / Renault, un exemple à suivre ?
Sous pression entre réglementation et concurrence chinoise, coûts de production élevés, marché des immatriculations en retrait, le secteur automobile aura connu une année 2024 noire en Europe. En France néanmoins, l’actionnariat salarié aura fonctionné comme un puissant carburant pour renforcer l’implication des collaborateurs. Selon les premiers résultats de l’édition 2025 du panorama de l’actionnariat salarié, réalisé par la société de conseil et de gestion Eres, les entreprises du secteur ont réalisé 20 opérations d’actionnariat salarié au cours des dix dernières années, via des augmentations de capital réservées ou des cessions d’actions existantes. Des opérations qui ont représenté 5 % de l’ensemble des opérations collectives du SBF 120.
L’année dernière, et malgré un contexte économique morose, Renault, Stellantis et Michelin ont pris un virage stratégique en proposant un nouveau plan collectif à leurs collaborateurs, comme 31 autres sociétés de l’indice. "La confiance des collaborateurs s’est traduite par une souscription des enveloppes proposées à plus de 50 %", précise la société de conseil et de gestion, ajoutant que "même si 2024 a été une année boursière difficile pour l’industrie automobile européenne avec une baisse de 12 % de l’indice sectoriel, deux acteurs européens ont malgré tout su enclencher la vitesse en affichant des hausses respectives de 27 % et de 35 % en Bourse". Et parmi elle, le groupe Renault : " son plan, ‘Renaulution Shareplan’ a connu un fort engouement en 2024, avec un taux de participation des salariés de 43 % en nette progression par rapport à 2023 (36 %), ce qui illustre une montée en puissance des collaborateurs de la stratégie du groupe ", constate Eres.
Dans le détail, l’opération a inclus l’attribution de 7 actions gratuites aux collaborateurs dans 30 pays et une offre d’acquisition d’actions à des conditions avantageuses dans 24 pays. "Ce faisant, Renault s’approche de son ambition d’atteindre 10 % de son capital détenu par les salariés actionnaires en 2030, avec 5,74 % du capital détenu actuellement. Ce résultat place Renault bien au-dessus de la moyenne du SBF 120, qui s’élève à seulement 2.79 % du capital entre les mains des salariés ", souligne la société de conseil et de gestion. "En 2025, l’enjeu pour les constructeurs sera de poursuivre ces initiatives en adaptant leurs dispositifs de redistribution des profits aux nouvelles réalités économiques et sociales. L’actionnariat salarié devrait continuer à jouer un rôle clé dans cette transformation, notamment chez Renault ", prédit Mirela Stoeva, directrice de l’offre et des études chez Eres qui estime qu’une montée en puissance des initiatives chez Avyens (ancien ALD Automotive), Forvia, Trigano et OP Mobility "permettrait d’améliorer encore la participation des salariés dans la création de valeur et utiliser d’autres canaux de partage en complément des dividendes".
Autre focus : l’italien Ferrari qui a mis en place un dispositif combinant actionnariat salarié et primes de performance. "En 2024, un accord avec les syndicats a prévu la distribution d’actions gratuites pour une valeur totale de 10 millions d’euros aux 5 000 salariés. La marque a reconduit son programme de prime de compétitivité pour la période 2014-2027, avec des montants qui dépassent les 17 000 euros annuels par salarié, qui ont pu convertir jusqu’à 3 000,00 euros en actions Ferrari et manifester ainsi leur dévouement à l’entreprise", détaille Eres. En comparaison, la prime moyenne de partage de profit (prime d’intéressement, prime de participation, abondement) au sein des entreprises du SBF 120 s’est élevée à 6 392 euros par salarié, tandis que celle du secteur automobile français reste en sous-régime, à seulement 2 764 euros.
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