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Banques / partage de la valeur / Banque / Assurance

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Partage de la valeur : les salariés du secteur bancaire savourent une année 2024 record / Le taux de redistribution reste toutefois trois fois inférieur à celui du reste du SBF 120

En 2024, les salariés du secteur bancaire et assurantiel ont largement profité de la bonne santé économique de leurs entreprises, avec une prime moyenne d’épargne salariale dépassant les 6 000 euros, en hausse de plus de 20 % sur trois ans. Portés par des bénéfices records et des marchés porteurs, les grands groupes comme Crédit Agricole, Coface ou BNP Paribas se sont montrés particulièrement généreux. Mais si les montants versés impressionnent, ils restent proportionnellement modestes : seulement 2 % des profits sont redistribués en moyenne, contre 6 % pour l’ensemble du SBF 120, selon la société de gestion Eres.
Crédit Agricole (Photo by JOEL SAGET / AFP)
Crédit Agricole (Photo by JOEL SAGET / AFP)

En 2024, le secteur bancaire et assurantiel a traversé une période dorée, leurs salariés bénéficiant directement de cette prospérité. Selon une étude réalisée par la société de gestion Eres, le secteur bancaire et assurantiel, porté par la remontée des taux d’intérêt, la remontée économique post-Covid et la bonne tenue des marchés financiers, s’est montré généreux dans son partage de la valeur. En moyenne, les salariés des groupes bancaires et assurantiels du SBF 120 ont perçu 6 006 euros de primes d’épargne salariale (participation, intéressement, abondement) en 2024, contre 5 623 euros l’année précédente et 4 938 euros en 2021. Une hausse qui dépasse donc les 20 % en trois ans.

Des chiffres qui illustrent pour Eres un double mouvement : d’une part l’augmentation mécanique des primes grâce aux bonnes performances financières - BNP Paribas a dégagé un bénéfice net de 10,2 milliards d’euros en 2024, 8,3 milliards d’euros pour Crédit Agricole, tandis qu’Axa a dépassé les 7 milliards - mais aussi d’autre part, une volonté affirmée des entreprises du secteur d’investir dans la fidélisation des équipes.

Et si la moyenne sectorielle est en hausse, certains groupes se démarquent nettement par leur générosité. Ainsi, Crédit Agricole se hisse au premier rang avec 9 982 euros de prime collective en moyenne par salarié, dont un intéressement record moyen de 5 779 euros par salarié et un abondement moyen de 1 601 euros par salarié. Coface suit de près, avec plus de 9 200 euros de prime collective en moyenne par salarié. BNP Paribas complète ce podium avec 7 683 euros de prime collective en moyenne par salarié, répartis de manière équilibrée entre participation (3 556 euros) et intéressement (3 951 euros). "Ces montants élevés ne sont pas le fruit du hasard. Ils reposent sur des indicateurs de performance précis (résultat net, rentabilité des capitaux propres, croissance commerciale) et sur des mécanismes d’abondement attractifs qui dopent l’épargne salariale des collaborateurs ", souligne la société de gestion qui avait déjà révélé, au début de l’été, dans son panorama sur l’actionnariat salarié, que Société Générale se classait parmi les entreprises où les salariés sont les premiers actionnaires, avec 12 % de son capital détenu par ses collaborateurs, "un chiffre exceptionnel dans le paysage français et européen".

Eres note néanmoins que les banques et les assureurs ne reversent en moyenne que 2 % de leur résultat net en primes collectives. A titre de comparaison, la moyenne de l’ensemble du SBF 120 s’établit à 6 %. "Cela signifie que si les montants distribués sont élevés en valeur absolue, c’est principalement parce que les profits sont eux-mêmes très élevés. En proportion, la redistribution reste plus faible que dans d’autres secteurs", souligne-t-elle, s’interrogeant : "dans un contexte où la rentabilité est à un sommet historique, […] le secteur bancaire et assurantiel pourrait-il aller plus loin dans le partage des bénéfices ? Pour de nombreux observateurs, la réponse est oui, et l’alignement sur la moyenne nationale constituerait un signal fort".

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