Macro-économie / Taux / Inflation / Zone euro / France / Jean-Luc Tavernier
Macro-économie / Taux
Inflation / Zone euro / France / Jean-Luc Tavernier
Le patron de l’Insee calme le jeu sur l’inflation
Voilà un discours que nombre de banquiers centraux des économies avancées ne renieraient pas. "Nous sommes dans une période d'inflation maîtrisée et nous n'allons pas revenir au monde inflationniste des années 1970", a déclaré Jean-Luc Tavernier, directeur général de l’institut national des statistiques et des études économiques (Insee), dans une interview aux Echos.
Alors qu’en décembre, l’Insee disait anticiper une hausse de l’indice des prix à la consommation (IPC) légèrement inférieure à 3% l’an durant le premier semestre (2,8% en mars et 2,9% en juin), l’envolée très récente du baril de Brent à un plus haut depuis huit ans (il a dépassé les 90 dollars hier) ne semble pas être de nature à remettre en cause cette projection.
"Nos prévisions ont été bâties sur l'hypothèse d'une stabilisation des cours du pétrole autour de 75 dollars le baril de Brent. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Mais sauf à ce que les cours du pétrole grimpent au-dessus de 100 dollars, cela n'invalide pas notre scénario", précise Jean-Luc Tavernier. Il reconnaît toutefois que "nous restons très attentifs car dans les mécanismes d'inflation, il y a une forte composante d'anticipations". A ce propos, si dans la dernière enquête mensuelle menée par l’Insee auprès des ménages, la confiance apparaît stable, la part d’entre ceux estimant que les prix vont augmenter au cours de l’année à venir a légèrement crû et elle s’affiche très au-dessus de sa moyenne de long terme.
Le scénario que certains redoutent est qu’une inflation élevée persistante provoque un désancrage significatif des anticipations de progression des prix des ménages. En conséquence de quoi, leurs prétentions salariales seraient alors influencées à la hausse et si les entreprises cédaient, elles pourraient par la suite être incitées à accroître leurs hausses de prix : une boucle-prix salaire prendrait alors naissance. "Nous n'en sommes pas là, en tout cas en France ; aux Etats-Unis, la tension sur le marché du travail est plus marquée. D'abord, il y a une incertitude concernant l'évolution des prix des services. Tout va dépendre de la dynamique des salaires. Dans l'industrie, nous disposons d'une enquête qui suggère un certain dynamisme des salaires nominaux", indique Jean-Luc Tavernier qui rappelle qu’ "on peut avoir une revalorisation sans déclencher une boucle prix- salaire".
"L'inflation, il en faut mais pas trop", affirme l’économiste qui juge que si nous ne devrions pas "entrer dans un régime d'inflation complètement nouveau", il n’est pas certain que "nous revenions à la très faible inflation des années 2010". C’est d’ailleurs la thèse que défend actuellement la Banque de France qui estime qu'en 2023 et 2024, l'augmentation de l'indice des prix à la consommation harmonisé sous-jacent (IPCH hors énergie et alimentation) devrait être semblable à celle enregistrée avant la crise financière mondiale entre 2002 et 2007.
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