Start-up / Private Equity / Private equity / Capital-investissement / PME / Valorisation / M&A / fusions-acquisitions
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La valorisation des PME marquée par la normalisation
La hausse des valorisations des entreprises de taille moyenne connaît un coup d'arrêt dans la zone euro. Mais ce serait aller vite en besogne d'y voir le signe d'un retournement de tendance. Selon l'indice Argos (dont l'échantillon représente environ un quart des transactions majoritaires sur une cible dont la valeur de fonds propres est comprise entre 15 et 500 millions d'euros), les sociétés ont été acquises en moyenne 11 fois leur Ebitda au troisième trimestre - sur six mois glissant. C'est la première fois qu'il recule depuis le deuxième trimestre 2020 et la généralisation du confinement en raison de la crise sanitaire à partir de la mi-mars.
L'indice, créé en 2004, avait atteint un record absolu de 11,6 au trimestre précédent, poussé par la flambée des fusions-acquisitions à des niveaux jamais vus : les fonds d'investissement, dont les montants disponibles n'ont jamais été aussi élevés, redoublent d'appétit depuis la crise sanitaire (ils ont pour la première fois représenté un quart de la valeur du M&A dans le monde entre janvier et septembre derniers), tandis que les méga-tendances économiques et la pandémie poussent les entreprises "stratégiques" (c'est-à-dire non contrôlées par des actionnaires financiers) à se reconfigurer. Si l'on exclut le creux du deuxième trimestre 2020 (l'indice était tombé à 9,2), qui était déjà comblé à la fin de cette année, la valorisation des "midcaps" a connu une progression en dent de scie mais toujours orientée à la hausse depuis le dernier trimestre... 2012, lorsqu'il était tombé à 6,3.
Avant de savoir si l'émergence soudaine, ces derniers jours, d'un nouveau variant plus agressif va replonger l'économie mondiale dans le marasme et donc probablement calmer les appétits, la baisse des valorisations observée au troisième trimestre n'est pas si significative que cela. A 11 fois l'Ebitda, l'indice reste très élevé - il a pour la premier fois atteint ce niveau au premier trimestre 2021. En outre, il n'y a (modulo une aggravation à venir de la situation sanitaire) aucune raison pour que les multiples s'effondrent : les conditions macroéconomiques (notamment les taux d'intérêt) et les tendances sociétales sont toujours très favorables à la croissance externe et aux cessions.
Le recul est uniquement le fait des fonds d'investissement : le multiple moyen payé par ce type d'acquéreurs est tombé de 12,9 au deuxième trimestre à 11,3 au suivant. Il se rapproche ainsi de celui des stratégiques, établi à 10,9 (contre 10,7 au trimestre précédent).
Il faut peut-être voir la raison du phénomène paradoxalement par une normalisation progressive des perspectives économiques dans de nombreux secteurs. Jusqu'ici, les entreprises de la technologie et de la santé étaient surreprésentées dans les transactions : leur part atteignait 65% au dernier trimestre 2020 et 50% aux premier et deuxième trimestres 2021, contre moins de 40% au suivant. Or les acquisitions dans ces secteurs se payent en moyenne plus cher. Désormais, les transactions sont plus diversifiées, reflétant un retour à la normale et d'horizon éclairci pour l'économie traditionnelle.
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