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Zone euro : indécente croissance du secteur manufacturier
Rien ne semble perturber sa dynamique. Le mois dernier, le secteur manufacturier de la zone euro a crû à un rythme historique, selon le cabinet IHS Markit qui n’a jamais observé de tels chiffres depuis qu’il mène (juin 1997) ses enquêtes auprès des directeurs d’achats (PMI). L'indice PMI du secteur ressort à 62,5 en mars selon les résultats définitifs de l'enquête d'IHS Markit, après 57,9 en février. Chris Williamson, chef économiste d'IHS Markit, explique que, "l'industrie manufacturière de la zone euro est en plein boom".
"Même si elle est centrée sur l'Allemagne, qui a observé une expansion record le mois dernier, la tendance à l'amélioration est très large dans la région, les industriels bénéficiant de la hausse de la demande intérieure et de la reprise de la croissance à l'export", estime l’économiste. De fait, la croissance de l'activité manufacturière en Allemagne a atteint un niveau sans précédent en mars en raison du rebond de la demande en Chine et et outre-Atlantique. L'indice PMI du secteur a progressé à 66,6, après 60,7 en février.
La France, elle, a vu l’expansion de son secteur manufacturier se situer à un plus haut depuis septembre… 2000 ! "Les dernières données PMI indiquent une très bonne performance du secteur manufacturier français en mars, confirmant que la demande s'améliore en vue de la réouverture de l'économie mondiale plus tard dans l'année", commente Eliot Kerr, économiste d'IHS Markit. L'indice manufacturier s’établit à 59,3 dans sa version définitive en mars, contre 56,1 en février. Reste qu’avec les nouvelles mesures de restriction annoncées par Emmanuel Macron hier soir, la donne pourrait changer. Pour rappel, en novembre dernier, le secteur avait connu une légère décroissance alors que la France faisait face à son second confinement national.
Autre mauvaise nouvelle : les tensions sur les chaînes d’approvisionnement. En effet, l’enquête rapporte une augmentation inédite des délais de livraison des fournisseurs en raison de la vigueur de la demande mondiale, des pénuries ainsi que des problèmes logistiques liés à la pandémie. Sans surprise, les tensions inflationnistes se sont renforcées et IHS Markit observe la plus forte hausse des prix des achats signalée depuis dix ans. "Si les facteurs poussant actuellement les prix à la hausse ne devraient être que temporaires, résultats de la reprise de l’activité après la levée des restrictions anti-Covid, toute pression supplémentaire sur les coûts et les prix de vente des entreprises risque de fragiliser la croissance", prévient Chris Williamson.
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