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Bon millésime 2016 pour l'assurance
Plus de 6 mois après la création de Fédération française d’assurance (FFA), née du rapprochement entre la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) et le Groupement des entreprises mutuelles d'assurance (Gema), son président a dressé ce matin l’état des lieux de l’assurance pour l’année 2016. Ainsi, les cotisations sont restées stables à 210 milliards d’euros (+0,4%) alors que les prestations ont augmenté de 5,8% à 175 milliards. Pour Bernard Spitz «cette augmentation s’explique par des facteurs structurels comme le vieillissement de la population mais aussi par une augmentation des sinistres sur les automobiles et une année marquée par plusieurs accidents climatiques». Le décor est planté.
Le ratio combiné sur l’automobile s'établit à 104% contre 103 % en 2015 et l’habitation est passée de 95% en 2015 à 97% l’an dernier. « Cela s’explique notamment par le coût moyen des accidents de voiture matériels qui augmente du fait du remplacement de pièces de plus en plus connectées et coûteuses », souligne encore Bernard Spitz. La sinistralité des biens s’est aussi alourdie avec les événements climatiques de mai et juin 2016, entraînant un versement de 1,3 milliard d’euros d’indemnités et faisant de l’année dernière la plus coûteuse sur les 8 dernières. L’année 2016 a aussi été charnière pour l’assurance santé avec la généralisation des complémentaires qui au total ont versé 26 milliards d’euros de prestations, dont 84% en prestations ambulatoires. Autrement dit, l’assurance santé « nouvelle formule » participe pour 49% au financement de la médecine de ville.
En revanche, l’assurance-vie est le seul segment à enregistrer une baisse des cotisations, avec 135 milliards d’euros versés en 2016 (-0,6%) pour des prestations versées aux assurés de 118 milliards (+5,2%). Au dernier trimestre, « il y a eu notamment une accélération des transactions immobilières, les gens anticipant une prochaine remontée des taux, ce qui explique une hausse des retraits », a souligné le président de la FFA. Enfin, dernier chiffre, dont se félicite la FFA, celui du financement de l’économie par le secteur assurantiel. En 2016, 2.290 milliards d’euros étaient placés dans l’économie, soit « plus que le PIB français sur l’année » insiste Bernard Spitz.
L’assurance en France se porte donc plutôt bien mais plusieurs incertitudes persistent. Les premières sont internationales avec les effets du Brexit, l’inconnue des prochaines élections au Pays-Bas, en France et en Allemagne tout comme l’action de la Fed sur les taux d’intérêts. Par ailleurs, la réglementation commence à être trop pesante : possible révision de Solvabilité 2 ; report de Priips ; directive sur la distribution (IDD) prévue pour 2018, sans compter les incertitudes sur les projets politiques mis en place en France après les élections. Enfin, la FFA pointe une autre source de questionnement : les nouvelles technologies. « Les Français restent très frileux quant à l’utilisation des datas. Que ce soit dans le management, les produits ou encore la chaîne de valeur, nous sommes en retard », estime Bernard Spitz. C’est pour essayer de contrer cela que la FFA accompagne la dématérialisation et le développement de la culture numérique.
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