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Goldman Sachs, le mauvais élève des stress tests

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Goldman Sachs, le mauvais élève des stress tests

SI Wells Fargo a dû revoir à la baisse ses dividendes, la banque américaine Goldman Sachs est celle qui serait la plus impactée sur son ratio Core Tier One en cas de forte dégradation du contexte économique. La méthodologie de la Fed ne satisfait pas tout le monde.
Goldman Sachs (Crédits : DR)
Goldman Sachs (Crédits : DR)

Après la publication des résultats des stress tests par la Réserve Fédérale dimanche soir, les banques américaines ont suivi les recommandations, à savoir la suspension des rachats d’actions au troisième trimestre, et l’interdiction de l’augmentation des dividendes. Seule Wells Fargo a dû revoir la baisse son dividende, qui était de 51 cents par action, pour entrer dans les clous des stress tests, même si la banque américaine n’a pas indiqué quel serait son nouveau montant. "La voie de la reprise économique reste très incertaine et bien qu'il soit difficile de prévoir avec précision l'impact final sur notre portefeuille de crédit, nos hypothèses économiques ont considérablement changé depuis le dernier trimestre", a prévenu le directeur général Charlie Scharf, prévenant que la banque allait enregistrer plus de provisions pour créances douteuses au deuxième trimestre.

Si la banque retail Wells Fargo est logiquement impactée par la crise et les 20 millions de chômeurs qu’elle a créée en trois mois, une autre banque américaine a échappé de peu au couperet : Goldman Sachs. Si l’institution dirigée par David Solomon affiche un ratio Common Equity Tier One satisfaisant de 13,3 %, celui-ci tomberait à 6,9 % en cas de scénario très dégradé, soit bien en dessous de ses concurrentes JP Morgan (9,8 %), Citigroup (10,3 %) ou encore Morgan Stanley (11,1 %). Et assez proche du seuil des 5 % fixé pour passer ces stress tests. Par ailleurs, la Réserve Fédérale a attribué un "coussin de capital" réglementaire de 6,7 % à la banque, si bien qu’elle devrait afficher un ratio Common Equity Tier One de 13,7 %, alors que ce dernier est tombé à 12,5 % à fin mars.

La banque américaine avait déjà annoncé avoir enregistré une hausse significative de ses provisions pour pertes sur crédits lors de ses résultats trimestriels, à 3,1 milliards de dollars, et s’attend à une augmentation "substantielle" au deuxième trimestre. Pourtant, elle a maintenu le niveau de son dividende et s’est employée à rassurer ses investisseurs à la suite de cette publication. "Nous avons l’expérience de reconstruire notre capital lorsque c’est nécessaire et avons ramené notre ratio CET standardisé au-dessus des 13 % à la fin de ce trimestre", a ainsi déclaré David Solomon. Seule voix plus prudente, celle du CEO de Citigroup, Michael Corbat, qui a maintenu son dividende "sous réserve des dernières conditions macroéconomiques et financières".

Enfin, du côté des banques étrangères, c’est HSBC qui affiche les moins bonnes performances, avec un ratio CET1 de 7,3 % en cas de scénario très averse, contre 13 % en temps normal. Derrière figure BNP Paribas, avec un ratio réglementaire à 10,8 % contre 15,8 %.

Depuis qu’elle a commencé ses stress tests au cœur de la crise financière en 2009, la Fed a largement fait évoluer sa méthodologie. Elle ne donne plus de feu rouge ou vert aux résultats de chaque banque, ni de diffusion sur les exigences de coussins de capitaux pour chaque établissement systémique avant plusieurs semaines, mais des indications sur les politiques de distribution des établissements. Un assouplissement qui conduit aussi à une version moins claire et plus opaque des tests des banques américaines, déplorent les analystes.

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