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exclusif Augmentations de salaires : le top management chouchouté en France et en Allemagne

EXCLUSIF. Selon l’étude annuelle du cabinet Kienbaum, les entreprises de l’Europe de l’Ouest prévoient des hausses de salaires de 2,7% pour les membres des boards et les directeurs, soit plus que pour le lower management.
Kienbaum - rapport annuel augmentations salariales
Kienbaum - rapport annuel augmentations salariales

 

 

 

Les salariés des entreprises vont-ils avoir de bonnes surprises l’an prochain sur leurs feuilles de paie ? Selon l’étude annuelle menée par le cabinet Kienbaum à paraître jeudi, les sociétés d’Europe de l’Ouest s’apprêtent à augmenter leurs collaborateurs de 2,5% en 2017. Des différences entre pays et niveaux de hiérarchies sont à noter, et ce encore plus au regard des autres continents. Par exemple, la tendance sur le Vieux Continent est à une augmentation plus importante des strates élevées (+2,7% pour les membres des boards/directeurs et +2,6% pour le top management), que pour le lower management (+2,4%).

Ce dernier, « n’est peut-être pas perçu comme une population stratégique. On a des niveaux d’augmentations relativement moins importants par rapport aux autres catégories, peut-être parce que les entreprises estiment qu’il y a moins d’enjeux sur le lower management, alors même qu’il fait partie des maîtres d’œuvre de la conduite du changement et des projets de transformation », explique Sofia Sefrioui, spécialiste des questions de rémunération chez Kienbaum.

En ce qui concerne la France, les membres des boards/directeurs pourront prétendre à une hausse de 2,1%, le top management de 2,2%, le middle management de 2,5% (soit autant que pour les personnes qualifiées et spécialisées) et le lower management de 2,3%. Ces chiffres sont de respectivement 3,5%, 3,2%, 3,1% et 2,9% en Allemagne, selon cette étude qui a interrogé 1 400 entreprises dans une trentaine de pays. On retrouve également cette tendance aux Etats-Unis, avec le plus haut rang à +3% et le lower à 2,3%.

A l’inverse, les pays de l’Europe de l’Est tablent globalement sur des augmentations plus fortes en bas de la hiérarchie. Par exemple, les firmes roumaines devraient gratifier leur lower management de +4,2%, contre 3,6% pour le middle management, 3,4% pour le top et 3,1% pour les membres du boards/directeurs. « Il existe des pressions sur le marché du travail qui obligent à favoriser les plus jeunes. On accorde relativement moins d’importance au top management. Mais il faut nuancer car les augmentations dans ces pays y sont relativement plus élevées qu’en Europe de l’Ouest », estime Sofia Sefrioui. A noter qu’un pays comme la Chine suit également cette dynamique.

Autre enseignement à tirer de ce document : les différents facteurs qui pèsent dans ces augmentations. Sans grande surprise, les négociations de branches jouent un rôle important en France, derrière la performance de l’entreprise et la performance individuelle. Alors qu’aux Etats-Unis, en Chine ou au Japon, la négociation par branche est loin derrière. Mais, plus globalement, en Europe de l’Ouest « « la performance financière de l’entreprise constitue le premier facteur, dans la mesure où elle détermine de fait l’ensemble des budgets, dont celui des augmentations salariales », précise l'experte. A titre de comparaison, la performance du secteur a un vrai poids dans les révisions salariales en Asie. « Les entreprises semblent plus attentives à leur compétitivité par rapport à leur secteur d’activité. Cela peut expliquer qu’il constitue un facteur déterminant dans les budgets d’augmentations », note Sofia Sefrioui.

 

 

 

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