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Hubert Preschez : « médecin de famille » à la Société Générale

Depuis 2015, ce diplômé de Sciences Po est senior banker en charge des liens de la banque avec une dizaine de groupes du CAC 40. Hubert Preschez connaît  bien les entreprises dont il s’occupe. Il a gagné leur confiance en les conseillant mais aussi en les alertant sur certaines opérations.
Hubert Preschez
Hubert Preschez

Le nombre de "tombstones" acquises au fil des années par Hubert Preschez suffit à lui seul à résumer la carrière de ce banquier qui s'est fait un nom dans les M&A. Si ces petites statues de verre sont là pour commémorer les diverses opérations auxquelles il a pris part, notre senior banker n'en a pas besoin pour se souvenir de chaque transaction et des anecdotes qui leur sont rattachées. L’homme, qui a conseillé plus de 100 milliards d’euros de transactions dans une quarantaine de deals, a ainsi travaillé sur le rapprochement de GDF avec Suez lorsqu’il était chez JP Morgan. Il a également exercé son talent lors de la fusion Lafarge/Holcim, mais aussi pendant deux ans dans le cadre de l’un des dossiers les plus emblématiques de la place de Paris -à savoir la bataille pour le rachat du Club Med-, morceau finalement emporté par Fosun. C’est notamment sa bonne connaissance des entreprises qui a permis à Hubert Preschez d’être promu en 2015. Il s’occupe dorénavant des liens entre la banque et une dizaine de groupes du CAC 40, comme Saint-Gobain ou Thales.

Un rôle de chef d'orchestre

Son rôle est ainsi double. Il est d’un côté "le médecin de famille" des directions des grands groupes. Il les accompagne dans leurs stratégies, ce qui peut passer par des acquisitions ou des cessions mais pas que. C’est ainsi qu'Hubert Preschez a aussi bien pu plancher sur la vente par l’Etat en 2015 de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, que sur l'augmentation de capital l'an dernier d'Arcelor-Mittal, la cession récente d'Areva TA à un consortium ou encore sur le projet d'acquisition d'Elengy par GRTgaz. "Il y a beaucoup d’opérations sur lesquelles la banque est à l’origine et d’autres pour lesquelles les entreprises viennent nous voir. On attend alors de moi que je mette tout ça en musique", explique l'intéressé. Notre chef d'orchestre doit répondre aux demandes mais a également un devoir d’alerte. "Nos interlocuteurs côté clients, qui sont les Directions Générales des grands Groupes, ont très peu de temps. Lors de nos échanges, il est donc primordial de leur apporter de la valeur. Pour la leur donner, je m’appuie sur l’ensemble des experts métiers Société Générale, particulièrement les équipes M&A, DCM, ECM, conseil en rating et activité de marchés", ajoute-il.

Hubert Preschez a ainsi une deuxième casquette : celle d’animateur d’équipes. En effet, pour offrir les solutions les plus adaptées, il compte sur ses collaborateurs. Car si notre banquier est un spécialiste des M&A notamment en tant qu’ex-responsable du département corporate finance France, il y a des domaines dans lesquels il ne s’est forgé que récemment, comme le crédit. "Notre rôle de banquier conseil est de faire en sorte que tout se passe au mieux pour nos clients. La confiance naît du fait qu’on peut les orienter vers telle opération mais qu’on peut aussi les déconseiller de se lancer dans une autre", développe Hubert Preschez, qui prône ainsi une véritable implication.

Un réseau hors pair

Ce sont tous ces ingrédients qui permettent à Société Générale de se différencier autrement que par les coûts, selon Hubert Preschez. Ce dernier estime aussi que la proximité de la direction générale est un atout pour son groupe. En réalité, pour notre banquier -qui conserve même une photo d'équipe prise en 2012 au Pilat où il possède une maison- tout semble être une histoire de liens entre les personnes clefs : ceux qu'il entretient avec Frédéric Oudéa ou Thierry d'Argent (qu'il a suivi à la Société Générale), ceux qu'il a noués avec les dirigeants d'entreprises, ceux qu'il garde avec les différents représentants de cabinets ministériels et l'Agence de participations de l'Etat (APE) quelle que soit la majorité.

Ce métier, très concurrentiel et les montées "d'adrénaline" qui lui sont associées, Hubert Preschez est tombé dedans à l’occasion d’un stage. A l’époque sur la partie audit d’une opération pour François Pinault, ce fils de haut fonctionnaire énarque et d'avocate se rend compte que le costume de banquier lui irait mieux que celui de juriste. Il commencera chez Paribas en M&A avant de rejoindre JP Morgan à Londres puis Paris en 2000. Diplômé en droit de l’université Paris V, il vante également le réseau de l'IEP de Paris dont il est également issu. Très attaché à la transmission, ce fana de littérature y enseigne depuis une dizaine d'années et apporte également sa pierre à la Banker Academy de la Société Générale, qui dispense une culture transversale à la génération d'en dessous. A l'âge de 46 ans aujourd'hui, ce père de trois enfants nouvellement célibataire espère pouvoir continuer à évoluer au sein de Société Générale dont le nombre de spécialités offre de multiples possibilités. "Pour l'instant, je m'occupe de mon portefeuille de grands clients. Mais je suis exposé à plein d'autres métiers qui permettent d'envisager à plus long terme une carrière dans encore d'autres univers très différents."

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