Banques / Banque-assurance
Banques
Banque-assurance
Les banques françaises, opportunités pour jouer le QE européen
Si la tragédie grecque qui s’est jouée dans les dernières semaines a pesé sur l’ensemble des indices boursiers européens, les banques françaises ont tout particulièrement pâti des inquiétudes de marché sur les coussins de capitaux qu’elles devront bientôt remplir. Elles ont ainsi sous-performé leurs pairs européennes de 3% depuis fin mars, selon une note de Citi.
Or, le modèle interne développé par la BCE devrait prendre trois ans avant l’adoption des seuils standardisés ou encore les revues fondamentales des livres de trading, soit probablement pas avant 2018 ou 2019, souligne Citi. Ce qui laisse le temps aux banques françaises de s’organiser pour se conformer à ce nouveau tour de vis réglementaire tout en augmentant leurs distributions. Citi entrevoit ainsi une hausse des retours sur capitaux à partir du dernier trimestre 2015, ce qui devrait faire baisser les coûts des fonds propres qui restent encore élevés, à environ 12%.
Les analystes commencent à prendre en compte ces bonnes performances et ont relevé à la marge leurs prévisions de bénéfices par action, de 1 à 2% pour BNP Paribas et CASA, et une légère baisse de 1% pour Natixis. Citi estime que les branches marchés de capitaux des banques françaises vont bénéficier du QE, même si la tempête grecque risque d’impacter les résultats du deuxième trimestre. En outre, la banque de détail a connu un point d’inflexion, relève la note. Les institutions ont enregistré de meilleures marges sur les nouveaux comptes, et entrevoient des plus gros volumes. Si bien que les revenus ont gagné 2% en moyenne début 2015, contre une baisse de 2% au dernier trimestre 2014, tandis que les profits avant impôts progressaient de 8% (contre -4% au Q4 2014).
Reste que le rendement du Bund a progressé de 60 points de base au deuxième trimestre, tout comme ceux des périphériques. Cela pourrait freiner la recapitalisation des banques françaises sur la période, en particulier chez les plus fragiles. Les banques qui ont éliminé les portefeuilles souverains à vendre, comme BNP Paribas, devraient mieux s’en sortir tandis que CASA et Société Générale feront du surplace, prévoit Citi. La banque porte donc son choix sur CASA et BNP Paribas, qui s’échange à 0,9 fois la book value 2016 pour des retours sur capitaux pérennes à 10-11%. En outre, BNP Paribas pourrait bénéficier de la spéculation depuis que la presse flamande a fait état d’une possible vente de la part de 10% du gouvernement belge, à laquelle la banque pourrait vouloir participer via des rachats de titres. Elle pourrait également décider d’une vente de Bancwest aux Etats-Unis dont les synergies sont peu évidentes.
Le segment est porteur selon la banque américaine, qui estime que les banques françaises apportent une exposition peu chère au QE de la zone euro, à la reprise économique et à la désintermédiation en marche.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

