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IPO : un autre point faible pour Paris, dans la course au Brexit

Landis & Gyr, une filiale de Toshiba, a levé 2,1 milliards d’euros à la Bourse de Zurich, soit la plus importante IPO tech en Europe depuis près de deux ans. A la traîne, Paris doit s’activer pour défendre sa compétitivité sur ce segment, dans le contexte crucial du Brexit.
Euronext - siège la Défense - bourse
Euronext - siège la Défense - bourse

 Il y a neuf mois, la place de Francfort frappait un grand coup en orchestrant l’IPO d’Innogy, la filiale d’énergie verte de RWE, qui a réussi à lever 5 milliards d’euros, soit un record depuis Glencore en 2011. Neuf mois plus tard, c’est Zurich qui prend le relais avec Landys & Gyr, une filiale de Toshiba spécialisée dans les appareils de mesure. Ce nouveau spin-off industriel a lui aussi suscité l’appétit des investisseurs et fixé son prix d’entrée plutôt en haut de fourchette, ce qui lui a permis de lever 2,3 milliards de francs suisses (2 milliards d’euros). Il s’agit de la plus importante IPO en Europe depuis Innogy, et même depuis celle de Worldpay en octobre 2015, dans le secteur technologique. Une excellente nouvelle pour sa maison-mère, car le conglomérat japonais doit financer les difficultés financières de sa filiale nucléaire américaine, Westinghouse.

Toshiba avait reçu une offre de la part du private equity pour sa filiale : CVC Capital Partners, associé à Hitachi, avait proposé 1,75 milliard d’euros pour cette filiale mais jugée non suffisante, et n’a donc pas eu gain de cause. Cela est évocateur de la difficulté du non coté à se montrer compétitif dans ses offres, non seulement face à d’autres offres industrielles mais aussi par rapport au scénario d’une sortie en Bourse. Car les marchés boursiers sont bien orientés depuis de nombreux mois grâce au « bazooka » de Mario Draghi, et les places se battent pour accueillir les entrées en Bourse les plus significatives, dans un contexte de Brexit où les banques sont en train de réallouer leurs équipes.

Dans ce grand mercato, Paris doit à tout prix faire la preuve de sa compétitivité, et le temps presse. La France a accueilli une seule opération d’envergure cette année avec l’introduction d’ALD, la filiale de leasing automobile de la Société Générale qui a levé 1,16 milliard d’euros le mois dernier. Les chiffres sont moribonds : les IPO n’ont représenté que 1,5 milliard de dollars depuis le début de l’année, contre un marché européen qui atteint 26,6 milliards, en hausse de près de 50% sur un an et tout près du marché américain (27,5 milliards de dollars), selon les chiffres de Dealogic !

Certains pourraient justifier que cela est lié à un contexte électoral en France en début d’année, qui a poussé les acteurs à l’attentisme. Mais l’Hexagone ne peut se permettre de traîner, alors que plusieurs banques -comme Citigroup et Morgan Stanley- ont annoncé qu’elles avaient choisi Francfort pour relocaliser une partie de leurs équipes. Dans son budget 2018, le gouvernement a certes annoncé la suppression de la taxe de 3% sur les dividendes pour redorer son blason auprès des investisseurs étrangers, mais aussi pour se conformer à la décision de la Cour de Justice, qui l’a considérée comme contraire au droit communautaire en mai dernier. Mais il faudra bien davantage pour convaincre des institutions anglo-saxonnes, échaudées par des années de tergiversations fiscales en France, de placer leurs équipes dans la Ville Lumière.


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