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Telecom Italia : un inconnu s’invite dans la partie

L’activiste allemand SVM a pris 1% de l’opérateur télécoms italien et soutient la cause d’Elliott, estimant que Vivendi serait responsable de la décote du groupe en Bourse. Ce dernier a de son côté saisi la justice concernant l’AG du 24 avril, si bien que la pression est à son maximum.
Vincent Bolloré
Vincent Bolloré

Nouveau coup de théâtre dans la saga Telecom Italia ! Samedi, un obscur activiste allemand, SVM (Shareholder Value Management), a annoncé avoir pris plus de 1% du capital de l’opérateur télécoms italien, « avec l’intention de soutenir de façon proactive Elliott » annonce-t-il sans détour. « L’investissement dans TIM est soutenu par la conviction qu’il existe un décalage significatif entre la valeur boursière actuelle des actions de Telecom Italia et la valeur intrinsèque des actifs sous-jacents de la société », fait valoir l’investisseur qui gère 2,8 milliards d’euros. Pour qui le responsable de cette situation est évident : « SVM attribue cette divergence à ce qui peut être décrit comme ‘la décote Vivendi’ ».

SVM est un fonds spécialiste de l’investissement dans des actions avec une stratégie « value », et se réclame dans la lignée de Benjamin Graham et Warren Buffett. Mais si l’oracle d’Omaha a pour habitude d’investir dans des secteurs traditionnels et y rester pendant des décennies, le fonds a une démarche plus activiste ces dernières années. Il a par exemple pris position dans le groupe écossais de services aéroportuaires, John Menzies, dans la foulée du vote sur le Brexit et a obtenu une refonte complète du board. Le mois dernier, il est parvenu au même résultat chez le groupe italien d’infrastructures télécoms Retelit, ce qui montre qu’il a déjà étudié de près le secteur télécoms dans le pays. En janvier dernier, le fonds a promu un nouveau CEO en interne en la personne de Frank Fischer, le responsable du Frankfurt equity fund qui investit l’argent de fondations et est une des trois entités du groupe SVM.

L’arrivée d’un nouvel élément dans un dossier déjà très tendu ne fait bien sûr pas les affaires de Vivendi, qui a fort à faire pour faire annuler la demande d’Elliott de voter sur la nomination de ses six représentants lors de l’AG du 24 avril. Le board réuni la semaine dernière a invalidé le feu vert du comité des commissaires aux comptes sur ce sujet, et vendredi, Vivendi a déposé un recours en référé au tribunal de Milan afin de « prendre des mesures d’urgence d’ici la date » du 24 avril pour supprimer cette résolution de l’ordre du jour.

Le temps est donc compté pour Vivendi, qui cherche à démontrer que, malgré ses dires, Elliott ne soutient pas la stratégie du CEO Amos Genish puisqu’il veut organiser le spin-off majoritaire de son réseau puis des cessions par activité du groupe pour en optimiser la valeur, ce que le patron se refuse à faire. La partie promet d’être serrée : le journal Il Sole 24 Ore a indiqué samedi que 68% des actionnaires de Telecom Italia s’étaient inscrit à l’AG du 24 avril et qu’Elliott peut compter sur le soutien d’environ 35% du capital du groupe. Info ou intox ? La stratégie de communication bat son plein et, même s’il obtient gain de cause pour le 24 avril, Vivendi devra convaincre les actionnaires d’ici à la grande AG du 4 mai prochain, mais aussi le gouvernement italien très vigilant sur ce dossier sensible. Il a déjà montré patte blanche du côté de Mediaset puisque le groupe de Vincent Bolloré a transféré une part de 19,19% dans un trust, ce qui réduit sa part et ses droits de vote à moins de 10%, conformément à la volonté des autorités.


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