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Rothschild plus « bullish » que jamais sur le marché américain

La maison de David de Rothschild a enregistré une année record dans le conseil financier, malgré un marché M&A en berne. Après sa fusion avec Martin Maurel dans la gestion d’actifs et une année florissante dans le private equity, le groupe mise beaucoup sur les deals avec les US.
David de Rothschild
David de Rothschild

 Si le millésime 2016 des M&A n’a pas brillé par son dynamisme, avec une baisse moyenne d’environ 20% des transactions dans le monde comme en France, Rothschild a montré sa capacité à sortir son épingle du jeu et le démontre avec ses résultats annuels. La maison de David de Rothschild a ainsi publié un chiffre d’affaires en hausse de 11% sur un an, à 1,76 milliard d’euros pour l’exercice clos au 31 mars 2017. Mais le groupe a surtout enregistré des revenus record et ce, pour la deuxième année consécutive, dans le conseil financier (+14%), en particulier les M&A (+15%). Il s’est ainsi illustré sur des opérations de grande envergure partout dans le monde, comme la création de Coca-Cola European Partners pour 23,5 milliards d’euros, mais aussi en Europe, avec les échanges d’actifs entre Sanofi et l’allemand Boehringer Ingelheim pour 22,8 milliards d’euros, la cession par le Crédit Agricole de sa part de 25% dans ses caisses régionales (18 milliards d’euros), ou encore la fusion entre Technip et FMC Technologies pour 11 milliards.

Rothschild a réussi à se hisser à la cinquième place mondiale des league tables M&A au 31 mars, fait valoir le groupe, qui avait déjà décroché la palme du marché français l’an passé, selon les données de Dealogic. Mais à l’instar de ses concurrents, la banque d’affaires voit désormais grand aux Etats-Unis, où elle a recruté un responsable de la zone Amérique du Nord, en la personne de Jimmy Neissa, et un patron dédié à la seule activité M&A, Lee LeBrun, deux anciens d’UBS. Elle a couplé cela avec plusieurs ouvertures de bureaux dans le pays : après Chicago en septembre dernier, elle a annoncé le mois dernier son implantation dans la Silicon Valley, à San Francisco, et la nomination de Chris Gaertner, ancien de Crédit Suisse, pour mener le groupe technologique. Si elle a quelque peu impacté la marge opérationnelle, cette arrivée de « professionnels chevronnés » est particulièrement notable de l‘engagement de Rothschild aux Etats-Unis, « zone de croissance clé de l’activité » selon Nigel Higgins et Olivier Pécoux, managing directors de Rothschild & Co.

En parallèle, Rothschild a mené une opération structurante dans la gestion d’actifs avec son mariage avec la Banque Martin Maurel l’été dernier. Une façon d’allier les forces de deux groupes familiaux dans un environnement de taux bas et de rendements atones, mais aussi face à la concurrence grandissante des modèles de gestion passive. Rothschild a ainsi intégré 10 milliards d’euros sous gestion et affichait une enveloppe totale de 66,6 milliards d’euros à fin mars. Réalisée en janvier, cette fusion lui a rapporté 24 millions d’euros et devrait être finalisée d’ici à cet été, avec le nouveau nom, Rothschild Martin Maurel.

Enfin, le capital investissement reste une activité dynamique et porteuse, où Rothschild a dégagé 142 millions d’euros, en hausse de 32% grâce à la perception du fameux « carried interest » sur ses investissements via ses fonds Five Arrows. Grâce à plusieurs closings de fonds, notamment un fonds secondaire de 459 millions d’euros, un fonds de dette privée (159 millions d’euros) et même des CLO européens (362 millions d’euros) et nord-américains (300 millions de dollars), Rothschild gérait désormais 6,2 milliards d’euros à fin mars 2017, contre 4,8 milliards un an plus tôt.

La banque d’affaires, qui bataille âprement pour remporter les mandats les plus en vue, estime que la conjoncture reste « porteuse », malgré « un léger ralentissement au premier trimestre 2017 » et, dans un contexte de Brexit et de montée du populisme, « demeure toujours vigilant face aux risques de volatilité». Mais étant donné la multiplication des deals industriels (Elis), private equity (DomusVi) et des cessions de blocs (Eurazeo, Euronext) récentes, les meilleurs espoirs semblent en tout cas permis en France.


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