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Euronext met la main sur la Bourse de Dublin
La place paneuropéenne Euronext serait-elle en passe de réussir là où Deutsche Börse et le London Stock Exchange ont échoué ? A savoir orchestrer une opération de rapprochement structurante ? Si les organes anti-trust n’opposent pas leur veto, la place paneuropéenne Euronext est effectivement sur le point de racheter la Bourse de Dublin. L’information qui avait déjà fuité dans les colonnes du Irish Times dans la journée vient d’être confirmée par les intéressés.
L'opérateur boursier irlandais, créé il y a 224 ans, était jusqu’à présent très soucieux de son indépendance, surtout vis-à-vis de son encombrant voisin anglais. Et avait repoussé de nombreuses offres de mariage. Mais depuis, la donne a changé. Les Anglais se préparent à quitter l’UE et l’Irlande ne veut pas subir les effets collatéraux de cette « tragédie shakespearienne ». Le pays n’est d’ailleurs pas en reste depuis plusieurs mois pour tenter de récupérer tous les financiers susceptibles de devoir quitter le sol anglais. Dublin fait, indéniablement, partie des pays souvent cités pour accueillir ces équipes, du fait de sa proximité et de la langue parlée.
Du coup, la place irlandaise était partie à la recherche d’un éventuel repreneur, susceptible de muscler ses forces. Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que son rachat est une excellente nouvelle pour la Bourse paneuropéenne, l'opération validant la stratégie d'agilité et de rendement mise en place par Stéphane Boujnah. Rachetée sur la base de 137 millions d'euros, elle permettra à Euronext de devenir la première plateforme de listing obligataire, sachant que Dublin est également très prisée des professionnels de la gestion d’actifs, au même titre que celle de Luxembourg, pour domicilier aisément des fonds. De ce fait, Euronext se met aussi en position de force sur le marché très prisé actuellement des ETF.
Ce deal est assurément à marquer d’une pierre blanche. Les dernières tentatives de rapprochement entre deux places de marché ont effectivement toutes échouées en raison de problèmes de concurrence jugés insurmontables par les organes anti-trust. L’Europe boursière est ainsi figée depuis 17 ans, la sortie d'Euronext du giron américain du Nyse n’ayant fait que recentrer les places paneuropéennes sur elles-mêmes. Depuis l’échec du rapprochement du LSE avec DB, il est clair qu’aucune autre tentative, y compris avec Euronext (qui a également essuyé le refus de Bruxelles pour se marier avec DB) n’est envisageable à moyen terme. Reste uniquement la possibilité de se rapprocher d’autres petites places d’Europe de l’Est, ou bien de celle de Madrid, lorsque son patron actuel aura passé la main ou aura enfin pris la décision de se marier. En attendant, la rumeur du jour a boosté le titre Euronext qui s'est s’apprécié de près de 1% (+26% sur un an).
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