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2017, année dense et innovante pour Nomura France

La banque a connu un très beau millésime sous la houlette de son directeur général, Jérôme Calvet, qui anticipe un marché toujours aussi dynamique dans la finance et les infrastructures l'an prochain, regrettant toutefois que le capitalisme français ne soit pas plus puissant pour participer plus pleinement à la consolidation européenne.
Jérôme Calvet
Jérôme Calvet

Ce que retiendra Jérôme Calvet, directeur général de Nomura France, de 2017 ? Très certainement le rythme échevelé des deals réalisés tout au long de l’année, ce millésime s’apprêtant à se révéler plus que satisfaisant. Surtout, le banquier se félicite de la forme prise par certaines opérations, forme pour le moins innovante. Comme celle de la vente du fonds II d’Ardian à APG. Contrairement aux transactions habituelles, les actifs logés dans ce fonds n’ont pas été cédés un par un et c’est bel et bien le fonds faîtier qui a été vendu au fonds de pension néerlandais APG (également au capital de Klepierre après l’apport de sa participation dans Corio). Soit un schéma assez original qui a permis à l’acquéreur de récupérer d’un seul coup 12 actifs d’infrastructures pour un peu plus de 1 milliard d’euros. De même Nomura vient-elle d’agir comme co-bookrunners et co-arrangeur du refinancement de 750 millions d’euros du groupe Financière CEP, destiné au refinancement de la dette existante et au remboursement d’une partie du prêt accordé par ses actionnaires, JC Flowers & Co. et CHG Participations et le holding du fondateur Hubert Guillard.

Sinon, la banque a été conseil cette année de la Caisse des Dépôts et de CNP Assurance pour la vente de leur participation dans la Sanef à Abertis, Predica et Axa ; de la CDC et de CNP à nouveau, pour l’acquisition de la participation d’EDF dans RTE ; d’Havas dans l’opération de rapprochement avec Vivendi et son retrait de la cote ; de l’APE dans le cadre de l’ouverture du capital d’Air France aux compagnies Delta Airlines et China Eastern Airlines, pour n’en citer que quelques-unes.

« On a connu un vrai redémarrage des opérations cette année, grâce notamment à une stabilisation des nouvelles normes réglementaires », assure Jérôme Calvet qui pense d’ailleurs que les deals dans le secteur de la finance devraient s’intensifier à court terme, sous l’effet d’une nouvelle approche stratégique amenant les grands acteurs à mieux hiérarchiser leurs préférences internationales et leur domaine de prédilection. L’intérêt pour les infrastructures ne devrait pas, non, plus se démentir, quitte à pousser les prix vers des zones un peu trop stratosphériques. Cet engouement devrait, de toute façon perdurer tant que les rendements toujours offerts par ces actifs présenteront un tel différentiel par rapport aux rémunérations des obligations.

2018 s’annonce donc sous de bons auspices même si certains signaux appellent d’éventuels retours de bâton. « Ce qui est inquiétant, c’est que l’on voit aujourd’hui des hausses de valorisation supérieures au rythme de progression des bénéfices des entreprises », ajoute le responsable de Nomura.

Mais le marché français ne manque pas d’opérations en gésine, comme la prochaine privatisation d’ADP ou de la Française de Jeux. Deux transactions qui nécessitent, au préalable, un nouveau texte de loi que Bruno Le Maire devrait bientôt annoncer. Reste à savoir si l’Etat entend vendre tout ou partie de sa participation dans le groupe dirigé par Augustin de Romanet sachant qu’aujourd’hui la valeur se traite à des niveaux tels que l’on peut imaginer une cession de la majorité.

A voir aussi l’intérêt que susciteront, ou non, de grands fleurons de la cote française au capital dispersé et susceptibles d’attirer la convoitise. « Le problème de la France, c’est que son capitalisme est encore très faible et que peu d’acteurs peuvent se lancer dans de mega-opérations. Quant aux banques ou compagnies d’assurance, les nouvelles règles prudentielles les empêchent d’envisager des deals d’envergure, y compris trans-européens, contrairement à ce qu’aimerait initier le gouverneur de la Banque de France », lance Jérôme Calvet.

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