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Fonds d'investissements

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Quantique : Quantonation Ventures étoffe sa stratégie avec un nouveau fonds de 220 millions d’euros / Muscler l’écosystème des technologies physiques, mais aussi soutenir les phases de croissance

Le fonds de capital-risque spécialiste des technologies quantiques et physiques, qui a notamment misé sur les pépites françaises Pasqal ou Quandela, a bouclé un nouveau fonds de 220 millions d’euros. Il pèse deux fois plus lourd que son premier millésime. De quoi réaliser des investissements initaux plus ambitieux, au-delà du seul secteur de l’informatique quantique afin de renforcer tout l’écosystème des technologies physiques, mais aussi soutenir durablement ses participations les plus prometteuses dans leurs phases de croissance.
De gauche à droite, Olivier Tonneau, Christophe Jurczak, co-fondateurs de Quantonation Ventures et Will Zeng, partner. Crédit photo : Ronan Le Floc'h
De gauche à droite, Olivier Tonneau, Christophe Jurczak, co-fondateurs de Quantonation Ventures et Will Zeng, partner. Crédit photo : Ronan Le Floc'h

Quantonation Ventures dépasse ses propres attentes. Le fonds de capital-risque français, spécialiste des technologies quantiques et physiques, a clôturé son nouveau fonds "Quantonation II" à hauteur de 220 millions d’euros, surpassant son objectif de 200 millions d’euros. Ceci ayant été réalisé grâce à une levée de fonds sursouscrite, qui a profité du soutien d’investisseurs internationaux. Il représente plus du double de la taille du premier millésime de Quantonation, d’un montant de 91 millions d’euros, qui s’était déjà classé dans le premier quartile mondial des fonds spécialisés dans le quantique.

Les principaux investisseurs de Quantonation I sont de nouveau de la partie. Parmi eux : Vertex Holdings (Singapour), le Fonds national d’Amorçage 2, géré par Bpifrance pour le compte de l’État français, ou Bradley Bloom, co-fondateur et ancien patron de la société de private equity américaine Berkshire Partners. Les nouveaux venus incluent le Fonds européen d’investissement, Grupo ACS, Novo Holdings et Toshiba, qui développe lui-même déjà des cas d’usage industriels reposant sur la technologie quantique. "Grâce à cette levée de fonds, Quantonation devient le fonds d’investissement le plus important dédié aux technologies quantiques au monde en termes d’actifs sous gestion", assure ainsi la société, qui a été fondée en 2018.

 

De nouvelles possibilités

 

Quantonation II a déjà investi dans 12 entreprises et prévoit, dans l’ensemble, de constituer un portefeuille d’environ 25 nouvelles participations. Il étend, par ailleurs, son champ d’action au-delà du seul informatique quantique, pour s’orienter vers une catégorie plus large de technologies basées sur la physique – dans les domaines des matériaux, de la photonique, de la détection et de l’IA physique. Une stratégie reposant sur le principe que les technologies déterminantes des prochaines décennies ne se développeront pas à grande échelle comme les logiciels, mais grâce à la rigueur de l’ingénierie, des investissements patients et la mise en place active d’un écosystème reliant l’industrie, la recherche et les institutions publiques.

De fait, indique la société, elle s’attelle à soutenir des technologies dont le déploiement à grande échelle prend du temps. Leurs progrès résultent de systèmes multiples, et non d’une percée unique. C’est notamment pour cela qu’il a misé, récemment, sur le Français Resolve Stroke, œuvrant dans la physique fondamentale et la détection, sur le néerlandais Qblox, qui développe un système de rayonnage haute densité pour une production à grande échelle de qualité quantique, ou encore Pioniq, une start-up tricolore qui développe des matériaux quantiques pour le stockage d’énergie de nouvelle génération.

 

Elargir, mais aussi renforcer

 

Cette enveloppe d’autant plus importante lui permettra ainsi d’effectuer des investissements initiaux plus significatifs. Mais, aussi, de soutenir les entreprises de manière plus durable dans leur phase de croissance. Un sujet restant une épine dans le pied de la Tech française et européenne, même si des avancées se font jour en ce sens, comme le lancement attendu au printemps d’un fonds européen « Scale-Up Europe », reposant sur un partenariat public-privé qui visera à soutenir les entreprises innovant dans les technologies critiques pour la souveraineté européenne, dont fait partie le quantique, ou bien encore grâce la montée en puissance de fonds spécialisés dans les phases de croissance des sociétés deeptech, dans différents domaines.

Le premier véhicule de Quantonation Ventures lui a en tout cas déjà permis de soutenir 27 entreprises du secteur, dans le monde, parmi lesquelles les pépites françaises Pasqal, Quandela ou Qubit Pharmaceuticals. « Pendant des décennies, on a annoncé que l’ère quantique serait à cinq ans de là », a observé Christophe Jurczak, associé gérant de Quantonation, à l’occasion de l’annonce. « Ce n’était pas un échec de la physique, mais des écosystèmes. Ce qui a changé, c’est l’alignement : matériel, logiciel, chaînes d’approvisionnement et demande industrielle. L’ère quantique n’est plus une course pour construire une seule machine. C’est un ensemble interdépendant, et c’est là que réside désormais la valeur durable », a-t-il poursuivi. « Avec Quantonation I, notre mission était de soutenir les pionniers. Il s’agissait des équipes qui transformaient la physique quantique en machines fonctionnelles et de contribuer à l’émergence des premiers leaders. Avec Quantonation II, l’accent est mis sur l’utilité et la mise à l’échelle : démontrer l’avantage pratique, développer des produits robustes et préparer l’industrialisation », a ajouté Olivier Tonneau, associé.

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