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Marie-Anne Barbat-Layani place 2026 sous le signe de la confiance et de la montée en puissance de l’AMF / De nouveaux pouvoirs très attendus
À l’occasion de ses vœux à la presse, Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’Autorité des marchés financiers (AMF), a voulu délivrer un message résolument optimiste, malgré un environnement économique et financier marqué par de fortes incertitudes. "En 2026, l’action de l’AMF s’inscrira sous le signe de la confiance. Les incertitudes et mutations rapides qui marquent notre économie et nos marchés nous amènent à agir avec détermination et agilité, avec un cap clair : réguler la finance pour renforcer la confiance. […] Je voudrais tous nous inciter à être optimistes et volontaristes. La France est une grande puissance financière. C’est un élément essentiel de sa souveraineté. C’est le moment de nous engager pour la faire progresser et continuer à construire une Europe forte et libre", a-t-elle déclaré.
Cet optimisme repose notamment, selon elle, sur les avancées enregistrées en 2025 en matière par exemple de construction de l’Union de l’épargne et de l’investissement. " L’an dernier, devant vous, je formais le vœu que l’Union de l’Épargne et de l’Investissement devienne une réalité. Aujourd’hui, le projet a franchi des étapes décisives grâce à une mobilisation politique sans faille. Sur la titrisation tout d’abord, mais aussi sur l’innovation, avec des propositions de simplification du régime Pilote particulièrement bienvenues. Le 5 décembre dernier, la Commission européenne a dévoilé un projet global et ambitieux, que nous soutenons et qui reprend nombre de propositions de l’AMF, comme sur le renforcement et l’extension des pouvoirs de supervision de l’ESMA", s’est-elle félicitée en ouverture de son discours. Un chantier majeur qui figurera parmi les priorités de l’AMF en 2026. "C’est le grand projet de notre génération en matière financière, comme le fut en son temps le passage à la monnaie unique", a-t-elle assuré.
Un agenda dense à tous les niveaux
Alors que l’année débute à peine, le régulateur français s’est en effet déjà fixé une feuille de route particulièrement fournie. Sur le plan international, l’AMF veut par exemple s’investir pleinement dans les travaux relatifs à la finance non bancaire. À l’échelon européen, l’Autorité contribuera aux différents axes de la stratégie de la Commission sur l’Union de l’épargne et de l’investissement et accompagnera la mise en œuvre du règlement MiCA sur les marchés de crypto-actifs, et du règlement européen DORA sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier.
Au niveau national, elle entend particulièrement se mobiliser pour la compétitivité de la Place de Paris en engageant une revue approfondie de sa doctrine applicable aux émetteurs afin d’y intégrer les simplifications issues du "Listing Act". L’intelligence artificielle occupera par ailleurs une place centrale dans la stratégie 2026 de l’AMF. Elle finalisera sa feuille de route sur le sujet et publiera prochainement une étude sur les cas d’usage de l’IA dans le secteur financier.
Un besoin de visibilité
Dans un contexte de profonde mutation de l’épargne, la protection des investisseurs demeurera évidemment la priorité stratégique de l’AMF, en poursuivant entre autres sa lutte contre les arnaques financières, avec un plan d’actions renforcé contre les contenus illicites en ligne.
Ce programme particulièrement dense pose toutefois la question des moyens dont dispose le régulateur. Si l’AMF a bénéficié d’un renfort budgétaire dans le cadre du projet de loi de finances pour 2025, avec notamment 25 équivalents temps plein travaillés supplémentaires, elle sait que 2026 s’annonce comme une "année blanche" en raison des efforts de redressement des finances publiques.
"Les comparaisons effectuées par l’ESMA montrent que nous sommes à la traîne par rapport aux autres régulateurs financiers en Europe. Sur la période 2016-2024, le budget annuel des régulateurs de marchés européens a crû de 7 % par an en moyenne, alors que celui de l’AMF a crû de 3 %, soit le taux le plus bas de l’Union européenne avec la Roumanie", a-t-elle souligné en réponse à une question de WanSquare. "Pour accomplir l’ensemble de nos (nouvelles) missions, il est nécessaire que l’AMF dispose de moyens. Nous sommes pleinement conscients de l’importance des efforts que nous devons accomplir. Nous poursuivons d’ailleurs nos mesures d’économie, de réorganisation et de transformation, mais il faudra, après 2026, reprendre le dialogue avec le gouvernement pour une perspective pluriannuelle, afin de nous donner de la visibilité", a-t-elle ajouté.
Des pouvoirs renforcés attendus du Parlement
Enfin, Marie-Anne Barbat-Layani mise beaucoup sur l’adoption prochaine du projet de loi contre la fraude sociale et fiscale, ainsi que sur la proposition de loi Labaronne. Pour mémoire, ces deux textes visent à renforcer les pouvoirs de l’AMF en matière de détection et de répression des fraudes, tant en surveillance qu’en prévention. Ils permettraient notamment d’intensifier la coopération avec les autorités judiciaires financières, de recourir à la transaction dite "simplifiée" ou encore d’introduire un mécanisme de clémence, à l’image de celui dont dispose déjà l’Autorité de la concurrence. Des textes qui devraient être examinés par le Parlement avant l’été.
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