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IPO : King Digital prudent pour éviter le scénario "Zynga"
L’IPO de l’éditeur de jeux britannique King Digital Entertainment sur le Nasdaq est sans doute l’une des plus médiatisées depuis un an. Il faut dire que la start-up affole les compteurs avec des chiffres qui feraient saliver n’importe quel éditeur de jeux vidéos : 97 millions d’utilisateurs quotidiens de son titre phare « Candy Crush Saga » disponible sur smartphone et un chiffre d’affaires avoisinant les deux milliards de dollars, pour cinq jeux commercialisés. L’entreprise semble donc disposer de solides atouts pour réussi son entrée sur les marchés, qui devrait avoir lieu demain avec une valorisation d’environ 7,5 milliards de dollars.
Le problème? Si l’optimisme semble de mise sur les valeurs technos ces derniers temps, certains commencent à se demander si l’on n’assiste pas à une bulle qui pourrait éclater d’un moment à l’autre. Concernant King, l’interrogation est d’autant plus légitime que l’éditeur de jeux britannique n’est pas parvenu à répliquer le succès de Candy Crush, faisant redouter aux investisseurs potentiels un "one-shot". Ce ne serait pas la première fois qu’une entreprise du secteur des jeux vidéos déçoit les attentes. En 2011, l’éditeur de jeux sur plateformes sociales, Zynga, s’était effondré en bourse après son IPO ; les actions, introduites au prix unitaire de 9,50 dollars avait clôturé leur première année boursière à 2,12 dollars. Et si l’action a repris du terrain, à 4,95 dollars aujourd'hui, le chemin reste encore long pour les investisseurs de la première heure.
Afin d’éviter de répéter les erreurs de Zynga, King devrait donc proposer ses actions dans une fourchette allant de 21 à 24 dollars l’unité. En haut de cet intervalle, l’éditeur serait valorisé 7,6 milliards de dollars, soit une valorisation de 2,9 fois le chiffres d’affaires prévu pour 2014 (2,6 milliards de dollars). Dès lors la valorisation de King ne semble pas totalement absurde ; par comparaison Zynga est aujourd’hui valorisé à 5,1 fois le chiffre d’affaires prévu et le chinois Giant Interactive à 6,3 fois ses revenus. Activision Blizzard, leader de l’industrie des jeux vidéos, est lui aussi mieux valorisé, avec un multiple de 3,2 fois. Seul Electronic Arts est moins bien loti, avec un multiple de 2,3 fois. En définitive, c’est une sacrée décote que King offre aux investisseurs afin de les rassurer sur la pérennité de son modèle et sur sa capacité à innover. Un potentiel qui devra toutefois être démontré assez rapidement, en trouvant des relais de croissance, si l’éditeur britannique ne souhaite pas connaître la débâcle boursière de Zynga.
D’après les formulaires d’introductions transmis par l’entreprise à la SEC, le gendarme boursier américain, King espère lever 500 millions de dollars via la vente de 22,2 millions d'actions notamment détenues par Apax Partners et Index Ventures.
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