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Pierre-Antoine Vacheron face à un lourd défi chez Worldline / Le groupe vers une reprise incertaine après une année 2024 catastrophique
Ce ne sont pas les résultats 2024 de Worldline qui vont redonner foi aux investisseurs dans le potentiel de redressement du leader français de services de paiement. Entre une croissance organique anémique de 0,5%, inférieure aux attentes, réalisée dans un environnement économique toujours morose, et des marges d’excédent brut d’exploitation qui s’érodent plus vite que prévu également malgré les mesures de contrôle des coûts, les conditions d’un retour à meilleure fortune restent loin d’être réunies.
Après les deux avertissements sur résultats lancés l’an dernier sous le coup d’un brutal ralentissement de l’activité survenu en cours d’été, nul ne s’attendait à ce que Worldline parvienne à redresser la barre en trois mois. Pour autant, l’ancienne direction ayant laissé entendre que le troisième trimestre marquerait un niveau plancher, il était espéré le début d’une amorce de reprise de l’activité, à tout le moins une stabilisation.
Le point bas reste à venir
Il n’en a rien été. Le chiffre d'affaires de Worldline a enregistré un recul organique de 0,9% au quatrième trimestre, s’établissant à 1,18 milliard d’euros. Certes, la division Services aux Commerçants, dédiée comme son nom l’indique aux solutions de paiement pour les commerçants, a enregistré un léger mieux avec une croissance organique de 1,2%. Mais la branche Services financiers, tournée vers les banques et les institutions financières, a continué de souffrir de la perte d'un client important ayant décidé d’internaliser les processus de paiement qui lui étaient fournis jusqu’alors.
Dans le même temps, la rentabilité du groupe est demeurée sous pression, Worldline a fait état pour l’ensemble de 2024 d’un excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté de 1,1 milliard d’euros, soit une marge de 23,1% en baisse de -101 points de base par rapport à 2023. Là aussi, nulle inflexion positive observée au cours de la seconde moitié de l’année écoulée. A 557 millions d’euros, "l'Ebitda ajusté du second semestre s'est établi 2% en dessous des attentes, et la marge de 23,8 % qui en résulte, en baisse de 120 points de base en glissement annuel, s’avère inférieure aux 24,3% anticipés par le consensus", notent les analystes de Stifel.
Et non seulement les résultats 2024 sont décevants, mais "les perspectives pour 2025 laissent entendre que le point bas n’a pas encore été atteint", soulignent les analystes d'Invest Securities. Le groupe anticipe pour 2025 une croissance organique de son chiffre d'affaires comparable à celle de 2024, avec un début d’année qui s’annonce lent. Worldline prévoit ainsi une performance encore plus faible au premier semestre qu’au quatrième trimestre 2024, avant une reprise progressive espérée dans la seconde moitié de l'année.
Un nouveau patron très expérimenté
Dans ces conditions, l’unique bonne nouvelle réside dans la nomination tant attendue d’un nouveau directeur général en la personne de Pierre-Antoine Vacheron, un vétéran des paiements depuis 15 ans qui a occupé des postes de direction chez Ingenico (racheté en 2020 par Worldline) de 2009 à 2017 avant de partir diriger les paiements du groupe BPCE. A compter du 1er mars, il remplacera donc Marc-Henri Desportes, qui assure la direction générale de la société par intérim depuis octobre dernier et le départ précipité de Gilles Grapinet.
Si la nomination d’un nouveau directeur général externe au groupe est plutôt de nature à plaire au marché, la tâche qui lui incombe s’annonce ardue. Vu les piètres performances enregistrées au quatrième trimestre dans le contrôle des coûts au sein des deux principales branches du groupe au quatrième trimestre, "nous pensons que le nouveau directeur général aura beaucoup de travail", prévient déjà le courtier Stifel. Il devra s’atteler à l’élaboration d’un nouveau plan stratégique dont la présentation interviendra à l’automne mais dont les retombées ne pourront se faire sentir qu’à moyen terme.
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