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Pour Worldline, le vrai rendez-vous est en 2027 / Les premiers progrès sont là, la confiance reste à reconquérir
Un an après la tempête boursière qui a emporté la quasi-totalité de sa valorisation, Worldline réunissait jeudi des actionnaires partagés entre amertume et attente de preuves, à qui le management a surtout offert un calendrier. « La confiance ne se décrète pas. Elle se regagne dans la durée, trimestre après trimestre », a résumé Pierre-Antoine Vacheron, le directeur général, devant l'assemblée, alors que le redressement opérationnel semble avancer plus vite que la confiance du marché.
Pressé par un actionnaire individuel qui réclamait « un chiffre derrière le mot durée » pour mesurer le temps nécessaire au retour à une croissance régulière, le dirigeant a rappelé ses deux horizons de référence : « un point d'inflexion en 2027 », avec le retour attendu d'un free cash-flow positif, puis l'atteinte des objectifs du plan « en termes de taux de croissance et de génération de cash en année pleine » à l'horizon 2030. Avec un message implicite mais clair : les prochains mois resteront avant tout consacrés à la transformation.
Le redressement à l'épreuve du terrain
Recentré sur les paiements en Europe après sept cessions bouclées en moins de neuf mois, et désormais organisé autour d'un périmètre de référence de 3,6 milliards d'euros de chiffre d'affaires, le groupe se juge « sur des critères très opérationnels », a expliqué son directeur général.
Premier critère : la performance commerciale, à travers notamment « le taux d’attrition des petits commerçants », « l’évolution du NPS » ou encore les prises de commandes dans les activités entreprises et institutions financières. Le financier suivra.
Les premiers signaux sont surveillés de près. Au premier trimestre, les services aux commerçants ont renoué avec la croissance pour la première fois depuis fin 2024, à 1,6 %, et l'attrition des petits commerçants s'est stabilisée.
Côté commercial, le dirigeant veut voir dans les appels d'offres remportés la meilleure des validations. La SNCF, la SNCB, Cdiscount ou la FNAC ont choisi de migrer sur les plateformes cibles du groupe. « Là c'est vraiment le client qui parle », a-t-il insisté, citant également le renouvellement pour quinze ans du partenariat avec Payment Services Austria, opérateur des infrastructures de paiement du secteur bancaire autrichien.
Le grand chantier des plateformes
Bien sûr, la crédibilité du redressement se mesure aussi à l'exécution du plan stratégique North Star 2030 dévoilé en novembre dernier. Les prochains mois seront jalonnés d'objectifs très concrets : migration des portefeuilles de petits commerçants d'Ogone et de Sips vers GoPay d'ici la fin juin, fermeture progressive de plateformes historiques et simplification d'une organisation façonnée par une décennie d'acquisitions. Des chantiers parfois techniques, mais qui constituent l'un des principaux leviers d'amélioration de la rentabilité du groupe.
Un autre jalon est attendu dès cet été. « Le chantier le plus important pour l'expérience client, c'est Launchpad. La première version doit être prête d'ici l'été », a indiqué Pierre-Antoine Vacheron. Derrière ce projet, Worldline cherche à raccourcir le parcours d'entrée des commerçants, accélérer leur mise en service et, à terme, soutenir la croissance des volumes.
La bourse veut voir
La trajectoire financière, elle, ne s'infléchira donc pas avant l'an prochain. La marge contributive, en baisse sensible en 2025, ne se rétablira pas tout de suite. La direction s’attend à ce que 2026 soit « probablement encore de la même tendance », avant une stabilisation espérée à partir de 2027 grâce à la rationalisation des plateformes et à l'automatisation des opérations. Les perspectives 2026, confirmées fin avril, prévoient une croissance organique de 1 à 4 %, un excédent brut d'exploitation ajusté de 630 à 650 millions d'euros et un flux de trésorerie disponible encore négatif, de l'ordre de 70 à 80 millions d'euros.
Reste le cours de bourse. « Personne ne s'en satisfait et moi le premier », a reconnu Pierre-Antoine Vacheron. Le président, Wilfried Verstraete, a imputé la dégringolade du titre à des « attaques massives de fonds spéculatifs », les ventes à découvert ayant représenté jusqu'à 40 % du capital. Le directeur général, lui, s'en remet au verdict des investisseurs institutionnels, qui jugeront sur pièces, trimestre après trimestre.
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