WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Worldline

Entreprises / Actions
Worldline

Worldline retrouve la croissance, pas encore les revenus / Les commissions absorbent les progrès du troisième trimestre

Les progrès du troisième trimestre confortent l’exécution du plan North Star 2030. Mais le retour d’une croissance plus rémunératrice reste à confirmer, alors que plusieurs départs de clients devraient peser sur la fin de l’année.
28/10/2026 - 10:00
Pierre-Antoine Vacheron, le directeur général de Worldline.
Pierre-Antoine Vacheron, le directeur général de Worldline.

« Il y a un an, North Star était un plan. Aujourd’hui, c’est une transformation opérationnelle en cours d’exécution », a résumé Pierre-Antoine Vacheron mardi soir, lors de la présentation des résultats trimestriels de Worldline aux analystes. Près d’un an après le lancement, le 6 novembre 2025, de son plan de redressement, le directeur général a désormais achevé la remise en état du bilan et bouclé son programme de cessions. Reste à en démontrer les effets opérationnels. Les premiers signes sont là. Sur son périmètre après cessions, le spécialiste des paiements a réalisé au troisième trimestre un chiffre d’affaires de 946 millions d’euros, en croissance organique de 2,5 %. Les services aux commerçants, son cœur de métier, accélèrent depuis le début de l’année, avec une croissance passée de 1,6 % au premier trimestre à 2 % au deuxième, puis 4 % au troisième. L’indice de satisfaction client (NPS) a gagné dix points par rapport à 2025, tandis que les départs de clients reculent.


Les marchés les plus rentables à la traîne


Mais cette accélération ne se retrouve pas encore dans les revenus que Worldline conserve après rémunération de ses partenaires. Dans les services aux commerçants, les commissions reversées aux réseaux de cartes et aux partenaires ont augmenté de 29 millions d’euros, absorbant ainsi la totalité du chiffre d’affaires supplémentaire. Le revenu net de ces commissions (NNR) stagne donc à 517 millions d’euros. C’est néanmoins la première fois depuis le deuxième trimestre 2024 qu’il ne recule plus. À l’échelle du groupe, il baisse encore de 1 %.

Cette stagnation tient notamment à la nature des activités qui tirent la croissance. En Allemagne, celle-ci est portée par les enseignes discount, dont le poids croissant au détriment du commerce spécialisé pèse sur les marges. Dans le voyage et le numérique, la croissance s’accompagne de frais de réseaux de cartes plus élevés, notamment du fait des transactions transfrontalières. L’Italie et les pays nordiques, où le groupe s’appuie davantage sur des partenaires bancaires auxquels il reverse une partie de ses revenus, progressent plus vite que les marchés où il vend en direct. Or ces derniers, historiquement plus rentables, peinent encore à redémarrer. « Le seul domaine où nous sommes encore en difficulté, ce sont les PME du Benelux », reconnaît Pierre-Antoine Vacheron. « Le Benelux et la Suisse avaient des marges très élevées. Nous avons besoin qu’ils retrouvent une croissance durable », souligne-t-il. Si la Suisse s’est stabilisée, « le NPS au Benelux reste en territoire négatif, et cela vous donne l’essentiel des explications de nos difficultés ».

« Le frein du NNR a un impact sur notre rentabilité, et nous avons donc dû travailler sur la maîtrise des coûts au premier semestre, et nous continuerons de le faire sur l’ensemble de l’année afin de protéger l’Ebitda », explique pour sa part Srikanth Seshadri, le directeur financier de Worldline. Cette pression devrait se prolonger au quatrième trimestre. « Nous sommes probablement la seule entreprise à encore donner ses objectifs sur le chiffre d’affaires externe, parce que nous sommes toujours en train de reconstruire nos systèmes pour prévoir le NNR », admet-il.


Des départs de clients seulement différés


La fin d’année pourrait toutefois mettre cette reprise à l’épreuve. Dans le commerce de détail, la croissance auprès des grands comptes a notamment bénéficié du maintien de clients dont le départ était attendu dès le troisième trimestre. « Ils étaient prévus, mais les clients ont mis plus de temps à nous quitter », précise Srikanth Seshadri. Ces départs, ainsi que celui d’un partenaire éditeur de logiciels dans les pays nordiques, racheté par un concurrent, devraient désormais peser sur le quatrième trimestre, voire en partie sur 2027. Interrogé sur l’évolution des volumes de transactions en octobre, il confirme : « Il y a effectivement une légère baisse. Rien de très inquiétant. » Les services financiers restent également en difficulté : leur chiffre d’affaires recule de 3,3 %, et de 5,1 % hors éléments non récurrents, sous l’effet d’anciennes résiliations de contrats, malgré des prises de commandes en hausse de 91 % depuis janvier.

Le groupe confirme néanmoins ses objectifs annuels : un chiffre d’affaires stable ou en légère hausse, un Ebitda ajusté de 630 à 650 millions d’euros et un flux de trésorerie disponible négatif de 40 à 60 millions. Un éventuel rebond des volumes ou de nouveaux décalages dans le départ de certains clients pourraient toutefois permettre à Worldline d’atteindre le haut de sa fourchette de croissance.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article