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Worldline sécurise les moyens de sa transformation / Les actionnaires valident la recapitalisation
"L’année 2025 a été une année très éprouvante pour la société, pour tous, à commencer par nos actionnaires." Devant les actionnaires de Worldline réunis le jeudi 8 janvier 2026 à l’occasion d’une assemblée générale extraordinaire, organisée au Cloud Business Center, rue du Quatre Septembre à Paris, Pierre-Antoine Vacheron n’a pas cherché à atténuer le diagnostic. Il s’agissait d’ailleurs moins d’un exercice de communication que d’un test de crédibilité, avec la validation par les actionnaires d’une augmentation de capital de 500 millions d’euros, présentée comme une condition financière nécessaire à la poursuite de la transformation engagée dans l’urgence.
Le message du directeur général, arrivé aux commandes du groupe en mars dernier, a été décliné avec constance : le groupe serait désormais assaini, mais reste fragile. "Je considère aujourd’hui que la situation est stabilisée", a insisté Pierre-Antoine Vacheron, tout en reconnaissant que ces mesures ne suffisaient pas à traiter "l’ensemble des problématiques structurelles de l’entreprise".
Un travail de fond pour restaurer la confiance opérationnelle
Sur le plan industriel, la direction a longuement détaillé les chantiers déjà engagés. Audits renforcés du portefeuille de commerçants après la séquence médiatique de l’été, inflexion dans la gestion de la trésorerie et réduction de l’exposition au cash pooling notionnel, investissements pour restaurer la robustesse des plateformes après les incidents de 2024 : autant d’actions présentées comme des prérequis à toute projection.
"Nous avons consommé beaucoup d’énergie […] pour rétablir la confiance", a-t-il expliqué, tout en soulignant que "le soutien de nos actionnaires à l’occasion de l’augmentation de capital est capital pour consolider cette trajectoire". Sans renforcement des fonds propres, pas de crédibilité retrouvée auprès des clients, des banques partenaires et des marchés.
Reprendre la main sur l’activité
Le cœur de la démonstration a porté sur l’érosion du fonds de commerce. Les pertes de contrats dans les services aux institutions financières, héritées des arbitrages passés, et la contraction du portefeuille de petits commerçants, liée à la fois au nettoyage opéré depuis 2023 et aux défaillances opérationnelles, continuent de peser sur l’activité. "Ce chiffre d’affaires ne reviendra pas de façon évidente", a concédé le dirigeant à propos des 130 millions d’euros abandonnés, tout en martelant que ces tendances n’étaient "pas irrémédiables". La reconquête passerait par des offres mieux adaptées aux petits commerçants et par un repositionnement crédible auprès des banques, "demandeuses que Worldline soit au rendez-vous en termes d’offres".
C’est dans ce contexte que la mécanique financière de l’augmentation de capital a été exposée en détail. L’opération combinera une tranche réservée d’environ 110 millions d’euros, souscrite à 2,75 euros par action par Bpifrance, Crédit Agricole SA et BNP Paribas, et une augmentation avec maintien du droit préférentiel de souscription d’environ 390 millions. "Mes objectifs sont de renforcer les fonds propres […] et de sécuriser nos ambitions stratégiques en rassurant nos grands clients, notamment les banques", a résumé Pierre-Antoine Vacheron, assumant la dilution comme le prix à payer pour restaurer la flexibilité financière.
Un discours de vérité
Les échanges avec les actionnaires ont toutefois mis en lumière la tension persistante autour du cours de Bourse et du regroupement d’actions envisagé. Interpellé sur le caractère fortement dilutif de l’opération à un moment où le titre évolue à des niveaux historiquement bas, le directeur général a écarté toute promesse implicite : "Il n’y a pas de magie dans un cours de bourse. Vous avez la confiance et vous avez le résultat." La remontée du titre dépendrait, selon lui, de la capacité du groupe à être "prévisible" et à tenir sa trajectoire opérationnelle et de génération de trésorerie.
En filigrane, cette assemblée a surtout acté un changement de contrat avec le marché. Plus de promesses rapides, mais un engagement de transparence accrue. À partir de 2026, Worldline entend communiquer régulièrement sur des indicateurs extra-financiers liés à l’avancement de la transformation, à la performance opérationnelle et à l’innovation. "C’est un effort de transparence que peu d’entreprises font", a plaidé Pierre-Antoine Vacheron, convaincu qu’il s’agit d’une condition pour sortir du "tunnel".
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