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Worldline retrouve un peu d’élan / Un début d’année encourageant, le recentrage est achevé
Un nouveau trimestre dans le bon sens pour Worldline. Sans éclat spectaculaire, le groupe a ouvert 2026 sur des bases plus saines, dans la continuité de l’amélioration apparue en fin d’année 2025. Quelques mois plus tôt, il avait en effet traité le plus urgent : recentrer ses activités sur les paiements européens, enrayer la dégradation opérationnelle et lancer une augmentation de capital d’une ampleur inhabituelle pour assainir son bilan. Ce début d’exercice confirme que la trajectoire continue de se redresser, progressivement.
Le chiffre d’affaires des trois premiers mois de 2026 s’est établi à 831 millions d’euros hors actifs cédés, en baisse organique limitée à 0,5 %, mieux que le consensus qui visait environ 0,8 % de recul. Une publication « satisfaisante par rapport aux attentes », note le bureau d’analystes Oddo BHF, qui souligne une amélioration progressive de la trajectoire : après des baisses organiques successives de 2,4 %, 4,4 %, 0,8 % puis 2,0 % sur les quatre trimestres de 2025, le début d’exercice 2026 prolonge le mouvement de stabilisation observé en fin d’année dernière.
Les commerçants repassent dans le vert
Le signal le plus scruté venait des Services aux Commerçants, principale activité du groupe avec 652 millions d’euros de revenus trimestriels, regroupent les solutions d’acceptation de paiements, l’acquisition commerçants et les services destinés aux enseignes physiques ou en ligne. L’activité a renoué avec la croissance, en hausse organique de 1,6%. Et ce, « pour la première fois depuis 2024. C’est une réalisation importante. », a souligné Pierre-Antoine Vacheron, le directeur général du groupe, lors de la présentation à la presse des chiffres du premier trimestre.
Les Services financiers restent, eux, en retrait, avec une baisse organique de 7,4 %. Sans surprise, les anciennes résiliations de contrats continuent de peser. Le management assure néanmoins que le creux est transitoire. « Nous reconstruisons activement le potentiel de croissance et constatons une dynamique croissante qui se matérialisera dans les revenus au second semestre », avance Pierre-Antoine Vacheron, évoquant notamment les renouvellements avec Edenred et La Banque Postale.
Après les cessions, l’heure du redressement
Surtout, le trimestre acte la sortie d’une longue phase de repli stratégique. Après sept cessions réalisées en moins d’un an, dont la dernière annoncée lundi avec la vente de la participation de 51 % dans ANZ Worldline Payment Solutions en Australie, ainsi que la Nouvelle-Zélande dévoilée mi-avril, Worldline est désormais totalement recentré sur les paiements en Europe. Les produits nets cumulés des cessions attendus en 2026 atteignent 590 à 640 millions d’euros. En parallèle, l’augmentation de capital de 500 millions d’euros bouclée en mars a redonné de l’oxygène au groupe. « Le recentrage du portefeuille étant achevé et le bilan renforcé, Worldline est désormais pleinement concentré sur l’exécution », résume le dirigeant.
Reste désormais l’étape la plus exigeante : transformer cet assainissement financier en redressement durable. « Le chantier va prendre du temps, même si la performance réalisée au premier trimestre est encourageante », prévient Invest Securities. La question centrale porte surtout sur la capacité de Worldline à retrouver une croissance durable entre 2027 et 2030, période sur laquelle le groupe vise un rythme organique annuel moyen d’environ 4 %.
Un trimestre de transition
Le plan North Star 2030 est censé fournir cette rampe de relance. Simplification juridique, fermeture de plateformes anciennes, rationalisation réglementaire et discipline de coûts figurent parmi les premiers jalons franchis. « Le premier trimestre confirme que Worldline a tourné la page du remodelage du portefeuille et de la réparation du bilan », a insisté Pierre-Antoine Vacheron.
Le groupe a confirmé ses objectifs annuels, soit une croissance organique de 1 % à 4 %, un EBE ajusté de 630 à 650 millions d’euros et un flux de trésorerie disponible encore négatif, entre 80 et 70 millions d’euros, en raison des dépenses de remédiation et de transformation. La prudence reste toutefois de mise à court terme : « Nous anticipons un deuxième trimestre faible, qui sera compensé au second semestre par l’accélération du modèle. », a prévenu Pierre-Antoine Vacheron.
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