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ArcelorMittal face aux droits de douane américains sur l’acier, une situation sous contrôle / Les effets attendus restent maîtrisables
ArcelorMittal a débuté la semaine dans un contexte tendu, à l’opposé de la dynamique positive qui avait marqué la fin de la précédente après la publication de solides résultats annuels. Lundi matin, son action perdait près de 3 %, affichant la plus forte baisse du CAC 40, alors que les marchés réagissaient à la menace des nouveaux droits de douane imposés par Donald Trump sur l’acier.
Ce week-end, alors qu’il voyageait à bord de l’Air Force One en route vers La Nouvelle-Orléans, le président américain a annoncé l’imposition de droits de douane de 25 % sur toutes les importations d’acier et d’aluminium aux États-Unis, une mesure qui entre en vigueur ce lundi 10 février 2025. Cette décision vise à protéger l’industrie américaine contre ce qu’il considère comme une concurrence déloyale.
Avec 13 % de son chiffre d’affaires réalisé aux États-Unis, ArcelorMittal est logiquement concerné par ces mesures qui vont immanquablement peser sur ses résultats. D’autant que le groupe a vendu la majorité de ses actifs aux États-Unis en 2020 dans le cadre d’une réorganisation stratégique pour se concentrer davantage sur ses opérations dans d’autres régions, notamment en Europe et en Amérique du Sud. Ce qui ne posait pas de problème jusqu’à présent dans la mesure où le sidérurgiste est bien implanté au Canada et au Mexique où il produit respectivement 4,9 millions de tonnes et 3,8 millions de tonnes d’acier, deux fournisseurs majeurs d’acier des Etats-Unis dans le cadre des accords commerciaux comme l’Accord Canada – États-Unis – Mexique (ACEUM).
Les dernières annonces de Donald Trump changent donc la donne. Cependant, même si ArcelorMittal est exposé aux nouvelles mesures, l’impact que le groupe dirigé par Aditya Mittal sera amené à subir devrait rester relativement limité. Car bien que le Canada et le Mexique représentent une part significative de la production d’acier d’ArcelorMittal, ces marchés génèrent moins de 20 % de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) total du groupe. "Il est possible que la situation ne soit pas aussi grave que certains l’avaient craint", observent lundi les analystes de Jefferies.
100 millions de dollars par trimestre
Et cela, d’autant qu’ArcelorMittal peut compter sur plusieurs leviers pour atténuer les conséquences de ces nouvelles taxes. En premier lieu, le groupe bénéficie d’un marché local solide au Canada et au Mexique, ce qui limite la dépendance aux exportations vers les États-Unis. En outre, des avantages liés aux fluctuations des devises et des effets positifs sur les prix de l’acier aux États-Unis pourraient compenser une partie de l’impact des tarifs douaniers.
Un scénario d’autant plus plausible qu’il y a eu un précédent. En 2018, Donald Trump avait déjà imposé des droits de douane de 25 % sur les importations d’acier et d’aluminium. Une situation dont ArcelorMittal avait su tirer parti, au travers d’effets de change et parce que la décision du président américain avait contribué à gonfler les prix.
A l’époque, l’impact des tarifs douaniers sur les résultats d’ArcelorMittal avait été calculé à environ 100 millions de dollars par trimestre, mais ArcelorMittal avait donc réussi à surpasser cette perte. Et bien que le groupe ait cédé la majorité de ses actifs aux États-Unis en 2020, ce montant de 100 millions de dollars peut servir d’indicateur fiable pour évaluer l’impact de ces nouvelles mesures, et resterait "gérable" selon Jefferies.
En tout cas, ces événements soulignent l’acuité des préoccupations exprimées par Alain Le Grix de la Salle, président d’ArcelorMittal France, devant la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Celui-ci avait attiré l’attention sur le protectionnisme croissant dans des pays comme les États-Unis, qui recourent à des tarifs douaniers pour se défendre face à une concurrence mondiale. Un protectionnisme qu’il juge nécessaire dans un contexte où l’industrie sidérurgique souffre de surcapacités mondiales, mais aussi efficace. Le dirigeant soulignait qu’en dix ans, la part des importations dans la consommation d’acier plat aux États-Unis avait reculé de 25 %, tandis qu’en Europe, sur la même période, elle avait augmenté de 65 %.
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