WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Arcelormittal

Entreprises / Actions
Arcelormittal

La carte maîtresse d’ArcelorMittal face aux surtaxes américaines / Le rapprochement U.S. Steel – Nippon Steel lui ouvre la voie d’un retour stratégique

Le doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium annoncé par Donald Trump menace de rogner près de 10 % de l’Ebitda d’ArcelorMittal. Mais le groupe pourrait amortir ce choc grâce à un renforcement stratégique de son ancrage industriel aux États-Unis, avec la reprise complète de l’usine de Calvert, dans le sillage du projet de rachat d’U.S. Steel par Nippon Steel.
Photo by ANDER GILLENEA / AFP
Photo by ANDER GILLENEA / AFP

Donald Trump a mis sa menace à exécution. Désormais, ce ne sont plus 25 % mais 50 % de droits de douane qui s’appliquent aux importations d’acier et d’aluminium aux États-Unis. Une décision qui vise directement les producteurs étrangers, et notamment les aciéristes européens, parmi lesquels ArcelorMittal figure en première ligne. Une décision aux allures de coup de massue pour les aciéristes étrangers, en particulier européens, et au premier chef pour ArcelorMittal.

Car si environ un quart de l’acier consommé sur le sol américain est importé – essentiellement du Canada et du Mexique –, le géant sidérurgique dirigé par Aditya Mittal est bien plus exposé : il réalise plus de 8 milliards de dollars de chiffre d’affaires outre-Atlantique, issus pour l’essentiel d’aciers expédiés depuis ses sites canadiens, mexicains et brésiliens. Parmi les autres sidérurgistes européens, l’exposition est plus limitée. L’autrichien Voestalpine tire environ 10 % de ses revenus du marché américain, dont plus de la moitié via des exportations. "Son positionnement premium le protège en partie", relèvent mercredi les analystes d’Oddo BHF. Quant à Salzgitter, ThyssenKrupp ou Aperam, ils apparaissent "légèrement perdants", avec une exposition américaine marginale, à hauteur de quelques pourcents du chiffre d’affaires.

Lorsque Donald Trump avait instauré en 2018 une surtaxe de 25 % sur les importations d’acier et d’aluminium — partiellement levée ensuite par Joe Biden pour les exportateurs européens —, l’impact avait été estimé à environ 100 millions de dollars par trimestre pour ArcelorMittal, soit 400 millions de dollars par an. Une évaluation reprise en début d’année, lorsque Washington a réactivé ces droits de douane, et confirmée par le directeur financier du groupe, Genuino Christino.

 

Calvert, un atout stratégique pour neutraliser le choc des taxe

 

Avec un taux désormais doublé, à 50 %, l’effet négatif devrait lui aussi doubler, prévient Oddo BHF, qui anticipe une réduction de près de 10 % de l’Ebitda du groupe. Une perspective qui, à en juger par la bonne tenue récente du titre ArcelorMittal, ne semble pas particulièrement inquiéter les investisseurs.

Et pour cause : alors qu’il s’était retiré de la majorité de ses actifs aux États-Unis en 2020, ArcelorMittal s’apprête à remettre un pied significatif dans l’industrie américaine. Dans le cadre du projet d’acquisition d’U.S. Steel par Nippon Steel, dont Donald Trump vient d’approuver le principe, le groupe devrait récupérer l’intégralité de l’usine Calvert, via la cession des 50 % que détient encore son partenaire japonais.

Un actif stratégique, cédé à des conditions jugées très avantageuses, qui permettra à ArcelorMittal de mettre la main sur une installation moderne et performante, dotée d’une capacité de production significative. L’usine dispose notamment de lignes de production dernier cri, d’un four à arc électrique (EAF) en cours de construction et peut compter sur un approvisionnement en fer réduit (HBI) issu d’un site au Texas. De quoi produire localement un acier à plus faible empreinte carbone et échapper partiellement aux droits de douane sur les importations.

Au-delà du gain stratégique, l’impact financier est loin d’être négligeable : selon Oddo BHF, la prise de contrôle complète de Calvert pourrait permettre à ArcelorMittal d’augmenter son résultat net part du groupe (RNPG) d’environ 300 millions de dollars.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article