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Vivendi / Louis Hachette Group / Canal+ / Havas
Vivendi se divise avec succès, créant déjà de la valeur / Paris et Amsterdam saluent l'opération, Canal+ sous pression à Londres
La somme des parties est-elle supérieure au tout ? Une semaine après le feu vert des actionnaires de Vivendi réunis aux Folies Bergère, la scission du groupe en quatre entités a pris forme ce lundi. Et le fait est que les premières réactions des investisseurs à cette opération pensée pour effacer l’importante décote de conglomérat de Vivendi semblent déjà conforter la thèse à l’origine du projet.
Ces nouvelles cotations sont en tout cas aussi remarquées qu’elles étaient attendues. A Paris, le nouveau Vivendi, recentré sur un portefeuille de participations cotées et l’éditeur de jeux vidéo Gameloft, connaît des débuts spectaculaires, avec un cours de Bourse qui s’envole de 37,8 %, à 2,54 euros. L’engouement pour la nouvelle entité Louis Hachette Group, regroupant les actifs détenus par Vivendi dans l’édition et la distribution, à savoir la participation de 66,5 % dans Lagardère SA et 100 % de Prisma Media, est à peine moins grand : son cours de Bourse gagne 25,6 % à 1,41 euro, sur Euronext Growth, le compartiment de la Bourse de Paris dédié aux petites et moyennes entreprises. Un choix de place, qui, soit dit en passant, laisse la possibilité au groupe Bolloré de se renforcer au capital sans devoir lancer d’offre publique d’achat (OPA), le seuil réglementaire limite au-delà duquel le lancement d’une OPA devient obligatoire étant porté à 50 % du capital, contre 30 % sur Euronext Paris.
S’agissant des nouvelles cotations à l’étranger, les premiers pas de Havas sur Euronext Amsterdam sont également réussis, le titre gagnant 5,8 %, à 1,89 euro. Mais à Londres, Canal + trébuche lourdement avec une chute de 23,8 %, à 243,2 pence.
Dans l’ensemble, le positif l’emporte. L’un dans l’autre, la somme de la valeur de marché des différents actifs atteint ainsi 8,8 euros par action, à comparer aux 8,30 euros affichés à la clôture de vendredi par l’ancien Vivendi. La comparaison s’avère relativement simple dans la mesure où chaque actionnaire de Vivendi s’est vu attribuer une action Louis Hachette Group, une action Havas et une action Canal +.
Pour autant, il est bien évident que le véritable succès de cette très belle opération, ayant mobilisé une ingénierie financière sophistiquée pour aboutir à la création de trois nouvelles lignes de cotation, ne pourra se mesurer que sur le long terme. Si fin octobre, le président du directoire de Vivendi, Yannick Bolloré, avait estimé la valeur potentielle des quatre sociétés scindées à 16 milliards d’euros, il a expliqué la semaine dernière aux actionnaires que de 12 à 18 mois seraient sans doute nécessaires pour juger du bien-fondé de l’opération sur le plan boursier. Il convient ainsi de ne pas surinterpréter les démarrages en trombe observés à Paris ou les débuts compliqués de Canal + outre Manche.
Même s'il est vrai que les investisseurs ont quelques raisons de manifester leur prudence vis-à-vis de Canal + à court terme. La baisse de chiffre d’affaires enregistrée au troisième trimestre 2024 par le groupe audiovisuel n’était certes pas de nature à susciter un fort engouement, mais le principal frein réside l’incertitude autour de l’opération de rachat du sud-africain Multichoice sur lequel il y a lancé son OPA en juin dernier. Les lois sud-africaines interdisent en effet aux entités étrangères de détenir plus de 20 % des actions de sociétés locales opérant dans certains secteurs stratégiques, dont celui des diffuseurs de contenus télévisés, obligeant Canal + et son partenaire à faire preuve d’imagination pour contourner le problème..
La solution pourrait ainsi passer par la création de véhicules d’investissement spécifiques qui respectent les règles de propriété tout en maintenant une certaine influence sur les décisions de Multichoice. Les deux groupes ont d’ailleurs indiqué réfléchir à "une potentielle structure pour les activités soumises à une licence qui garantirait le respect des limitations applicables en matière de contrôle étranger". Il reste que l’issue de ces négociations avec les autorités réglementaires sudafricaines ne sera connue qu’au mois d’avril 2025, qui va donc constituer une échéance importante dans l’ambition du groupe dirigé par Maxime Saada de changer de dimension et d’acquérir 50 à 100 millions d’abonnés en Afrique et en Asie.
En attendant, cette cotation à Londres constitue plutôt un atout dans les ambitions internationales de Canal +. Autre avantage, celui de bénéficier d’un comparable direct avec ITV plc, le mastodonte de la télévision privée britannique, largement couvert par les bureaux d’analystes.
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