Evenements / Lagardère / Lagardère Publishing / Arnaud Lagardère / Maxime Saada / Canal+
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Lagardère / Lagardère Publishing / Arnaud Lagardère / Maxime Saada / Canal+
Lagardère détaille sa tactique de croissance pour ses activités d’édition / Un travail approfondi avec Canal+ pour tirer parti de la manne des adaptations littéraires
Lagardère marche sur plusieurs jambes et compte bien continuer à toutes les muscler. Le groupe, désormais inclus dans la nouvelle entité Louis Hachette Group, regroupant les participations de Vivendi dans Lagardère SA et Prisma Media depuis la scission du conglomérat, a signé un exercice 2024 marqué par des résultats en croissance et par un désendettement significatif. Une croissance soutenue par celle de ses activités de "travel retail", pesant à hauteur de 65 % de son chiffre d’affaires, puisque celles de "publishing" (dont la marque principale est Hachette Livre) en ont rencontré une davantage modeste, à hauteur de 1,9 % sur un an. "Le livre, que l’on dit souvent condamné, continue à se développer", a néanmoins tenu à souligner Arnaud Lagardère, son président-directeur général, lors de l’assemblée générale des actionnaires de l’entreprise.
De fait, si les activités de Lagardère Publishing ont été diversifiées depuis quelques années, ses revenus sont bien restés alignés sur une trajectoire de croissance depuis 2019. Celle de 2024 est à mettre en regard avec une dynamique significative aux États-Unis (où le groupe a notamment acquis Sterling Publishing) et au Royaume-Uni. La division de jeux de société a aussi réalisé une performance notable. Elle vient d’ailleurs d’être renforcée par l’acquisition de 999 Games, le leader de la distribution en la matière aux Pays-Bas. De quoi donner davantage d’allant à cette division qui, bien qu’étant pour l’heure relativement menue au sein des résultats du groupe, devrait représenter un moteur de croissance pour le livre à l’avenir.
"Sur le publishing, la stratégie est offensive. C’est une industrie à coût fixe, donc toute acquisition a un ‘boost’ marginal qui est important sur l’ensemble. Nous savons qu’il faut à la fois créer et innover", a résumé Arnaud Lagardère. En matière d’édition, cela passe par exemple également par le développement de carnets de coloriage, pesant significativement dans les comptes du groupe, a assuré Arnaud Lagardère, et les livres audio, particulièrement en vogue aux États-Unis et dont la popularité grandit également en France. Ou encore par l’écosystème cinématographique et audiovisuel. Une manière de trouver des relais de croissance en dehors du livre 'stricto sensu', a observé Arnaud Lagardère.
Une place de plus en plus centrale
"Quand vous êtes sur les plateformes, vous rencontrez un certain nombre de nos auteurs, notamment anglo-saxons, comme Harlan Coben, qui font des séries. Une partie de l’avenir d’Hachette Livre se joue aussi sur (et grâce) à ces plateformes", a expliqué Arnaud Lagardère, avant de laisser la parole à Maxime Saada, président du directoire de Canal + et vice-président du groupe Lagardère.
Il faut dire que près de 150 milliards de dollars ont été investis en contenus cinématographiques et audiovisuels en 2024 par les principaux acteurs du secteur. La palme revient à Disney et ses 36 milliards de dollars déployés, contre 17 milliards de dollars pour Netflix, par exemple. À titre de comparaison, la somme s’élevait à 7 milliards de dollars en 2016 pour la firme au logo rouge. "Très logiquement, ces investissements se traduisent par une explosion des volumes de séries. Il y a eu une pause avec les grèves intervenues à Hollywood en 2023, mais entre 2009 et 2022, le nombre de séries originales scriptées aux États-Unis a été multiplié par trois. Ce marché est en croissance exponentielle et est à la recherche d’histoires et d’auteurs susceptibles de fonctionner", a expliqué Maxime Saada.
Parmi les grandes opportunités : les adaptations littéraires, dont la place est centrale dans le "box-office" mondial. En 2023, elles pesaient à hauteur de 42 % dans celui des États-Unis et 44 % dans l’Hexagone. En témoignent les succès planétaires d’Oppenheimer, adaptation de l’ouvrage de Kai Bird et Martin J. Sherwin, du film Wonka tiré de l’œuvre de Roald Dahl ou encore de celui de la saga Hunger Games, écrite par Suzanne Collins. "Cela conforte la place que le groupe Lagardère (et Hachette en particulier) doit jouer", a indiqué Maxime Saada. D’autant qu’en France, les adaptations littéraires génèrent 32 % d’entrées supplémentaires au cinéma en comparaison aux œuvres originales. Dans le monde, la part remonte à 53 %. Et même constat s’agissant des récompenses, avec des adaptations littéraires par exemple particulièrement présentes dans les catégories principales de la cérémonie des Césars.
Conséquences commerciales
Une popularité opportune, dans la mesure où elle se traduit par la suite dans les ventes de livres. Pour un tiers des adaptations, l’on observe un quasi-doublement de l’écoulement des ouvrages tandis que pour 10 % d’entre elles, les volumes de ventes sont multipliés par cinq. De quoi pousser Hachette et Canal + (qui avait d’ailleurs annoncé la création de son nouveau label "Studio Canal Stories", dédié aux adaptations littéraires en films et séries télévisées au mois d’avril de 2024) à travailler de concert sur la question.
"Nous sommes dans une logique d’avoir des dizaines de projets de développement ensemble. Le principal sujet qui nous occupe aujourd’hui, des deux côtés, est l’adaptation du prochain Astérix en live action. Ce sera le plus gros projet de l’année pour Canal et Lagardère", a assuré Maxime Saada. En parallèle de ce partenariat, Lagardère ne compte néanmoins pas se limiter le champ des possibles. "Ce sujet ne doit pas se limiter au groupe Canal +. Harlan Coben est sur Netflix, Michael Connelly sur Amazon Prime. Ce travail, Canal doit aider, mais il a vocation à permettre au groupe Lagardère de déployer, comme nous l’avons fait chez Canal, des relations avec les plus grandes plateformes mondiales et tirer profit de la manne évoquée", a souligné Maxime Saada.
"Hachette est un groupe international, cela nous offre une visibilité que les concurrents n’ont pas", a de son côté souligné Arnaud Lagardère. Pour autant, si le groupe cherche donc à mobiliser certains relais de croissance pour ses activités d’édition, il n’en reste pas moins attaché à son cœur de métier. S’il a été souligné à plusieurs reprises que la lecture était en phase de déclin, Arnaud Lagardère a conclu : "Un bon livre trouve toujours un bon public. Peut-être que trop de livres sont publiés. Mais les études font ressortir que chez les jeunes filles, notamment grâce à l’essor de la littérature de romance, la tendance se reprend. De même, chez les catégories socioprofessionnelles supérieures et de plus de 55 ans, la lecture progresse. Ce sont des personnes qui ont tendance à vivre de plus en plus longtemps, c’est un lectorat qui pourra devenir un moteur de croissance".
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