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Canal + / Maxime Saada

Maxime Saada s’interroge sur l’avenir de Canal + en France / Un environnement jugé hostile

Auditionné par la commission de la Culture du Sénat ce mercredi, le président du directoire de Canal + n’a pas mâché ses mots pour dire toute l’incompréhension qu’il ressentait vis-à-vis des décisions des pouvoirs publics envers son entreprise. Un environnement national qu’il a jugé hostile mais qui ne devrait pas empêcher Canal + de poursuivre son développement… en tout cas à l’international.
Maxime Saada  (Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Maxime Saada (Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Le président du directoire du groupe Canal +, Maxime Saada, était visiblement heureux de pouvoir s’exprimer devant les membres de la commission de la Culture, ce mercredi, au Sénat. "Ce n’est pas mon genre de louer les travaux des pouvoirs publics en général. Mais le Sénat est le seul endroit où l’on peut avoir des discussions sur le long terme, sur l’avenir de la filière audiovisuelle, sur le piratage, sur les droits sportifs ", a-t-il déclaré, si disant même honoré d’avoir été convié à cette audition.

 

Frictions sur le taux de TVA

 

Il faut dire que le patron de "Canal" avait des choses à dire, avouant s’interroger sur la place du projet de son entreprise dans le marché français. "La vision industrielle fait cruellement défaut au secteur de la création française. S’agissant de la Ligue 1 (football) la situation est dramatique, et ce sera sans doute le cas pour le cinéma demain. Une absence de vision qui se traduit par un cadavre exquis de normes communautaires et nationales venant détruire le terrain où doit s’exprimer notre industrie", a regretté Maxime Saada. Une logique, selon lui, court-termiste qui menacerait "ce qui fait la force de Canal + en France - et pas seulement pour l’entreprise mais pour tout son environnement".

Dans la liste de ses incompréhensions : la volonté de Bercy d’augmenter le taux de TVA du groupe (taxe affectée au Conseil National du Cinéma). "Une menace continue depuis des années alors que Canal + est le premier financeur du cinéma français avec 220 millions d’euros investis chaque année ", a-t-il rappelé, expliquant que les chaînes de télévision bénéficient d’un taux réduit, et dans le cas de Canal + consubstantiel, depuis la création du groupe, au financement du cinéma français. "A l’époque, il était de 5,5 %, il est ensuite passé à 7 % puis 10 % et aujourd’hui, un certain nombre de personnes de l’administration fiscale prétendent que Canal + devrait plutôt être soumis à un taux de 20 %, soit le même que celui appliqué aux plateformes. Un projet que nous contestons, car indépendamment de la TNT, Canal + est un ensemble de chaînes linéaires ‘en live’. Rien que pour le football, nous diffuserons plus de 500 matches en direct en 2025", a soutenu Maxime Saada, ajoutant que l’essentiel des investissements du groupe était dédié à des contenus linéaires. "Si le groupe devait voir son taux de TVA passer à 20 %, il s’agirait d’un surcoût fiscal supplémentaire d’environ 200 millions d’euros ", a estimé le président du directoire, précisant que Canal + continuait à être déficitaire en France.

 

L’exclusion de C8 de la TNT n’est pas sans conséquence financière

 

L’occasion aussi pour Maxime Saada de revenir sur la décision de l’Arcom de supprimer C8 de la TNT. "Une décision arbitraire (que le groupe conteste) alors même que l’une des visons de l’Arcom est d’accompagner la transformation audiovisuelle et numérique tant pour le public que pour les professionnels", a souligné le président du directoire, regrettant en outre que "l’Autorité de la concurrence se soit autosaisie pour enquêter sur le secteur de la télévision payante et du cinéma". Une action qui "contraint toutes les discussions sectorielles de Canal +", a-t-il expliqué, évoquant le licenciement contraint de 200 collaborateurs et de la destruction de 700 emplois directs ou indirects au total. "Nous ne sommes pas en mesure d’absorber des chocs comme ceux-là, ni aujourd’hui, ni dans un avenir proche", a-t-il affirmé.

Et une décision de l’Arcom qui l’a contraint également, en décembre dernier, à annoncer le retrait de quatre des chaînes payantes du groupe de la TNT (Canal +, Canal + Cinéma, Canal + Sport et Planète). "Le retrait de C8 provoque des coupes de revenus publicitaires pour l’entreprise en France. Il n’y a donc aucun intérêt pour Canal + de rester sur la TNT. Une décision qui n’est pas une surprise et que nous avions annoncée lors des auditions dans le cadre du renouvellement des chaînes de la TNT", a indiqué Maxime Saada.

 

Cap sur l’international

 

Interrogé sur la récente cotation de Canal + à la Bourse de Londres, Maxime Saada a assuré que "le groupe réussirait son développement en dépit de cet environnement national hostile. La Bourse de Londres doit permettre d’accélérer notre développement à l’international en lui donnant la possibilité d’offrir des actions. Et depuis le 16 décembre (date de la cotation) nous faisons le constat que nous attirons déjà beaucoup d’investisseurs américains et anglo-saxons à notre capital. Le rayonnement international de Canal + est maintenant visible".

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