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HSBC fait le point sur la finance durable

A travers une étude sur le comportement d’émetteurs, d’investisseurs et d’ONG dans le financement de l’impact environnemental, la banque dresse un état des lieux de la finance durable et de la réalité de la prise en compte des impacts environnementaux, qui reste encore assez faible, même si l’Europe et le Royaume-Uni font figure de bons élèves.
finance verte
finance verte

HSBC publie aujourd’hui une étude mondiale sur la finance durable. L’idée est de faire un point sur le marché et la façon dont les entreprises tiennent compte dans leurs stratégies des critères liés à l'impact environnemental. C’est East & Partners (E&P) qui a été chargé par la banque britannique de récupérer les données, d’identifier les obstacles possibles et de faire des projections de croissance sur ce marché. L'étude porte sur 593 émetteurs, investisseurs institutionnels et ONG en novembre dernier et couvre l’ensemble des régions : Europe, Amériques, Asie et Moyen-Orient.

De manière générale, les investisseurs sont 45,1% à avoir déjà intégré les principes ESG dans leurs portefeuilles d’investissement. Et en dehors de l’Europe et du Royaume-Uni, la publication d’information sur ces approches reste faible. « Des mesures d’incitation notables ou des sanctions directes s’imposent pour susciter une réponse particulière de la part des entreprises émettrices et des investisseurs institutionnels », note ainsi HSBC. D’ailleurs, 84,1% des investisseurs considèrent que la divulgation par les entreprises des risques liés au réchauffement climatique est « très insuffisante » ou « insuffisante ».

Par ailleurs, les obligations vertes restent aujourd’hui le meilleur moyen pour se financer. A la suite des accords de Paris, un investisseur sur 10 en détient, alors que les rendements ont surperformé de 4% les obligations classiques au premier semestre 2016. Mais ces sources de financement sont encore faibles par rapport aux besoins globaux. Ainsi, l’investissement dans les adaptations aux effets du changement climatique est globalement estimé à 25 milliards de dollars, soit dix fois moins que nécessaire. Pour 87% des sondés, il n’existe d’ailleurs pas de liens entre une stratégie de financement durable et la levée de fonds en vue de réaliser des investissements verts. Ainsi, au Royaume-Uni et en Europe une société sur cinq seulement finance directement des projets d’investissement durable à l’aide du financement vert.

Du côté des émetteurs, beaucoup de progrès doivent encore être faits, même si une société sur deux environ a déjà adopté une stratégie de réduction de ses impacts environnementaux. Là encore l’Europe et le Royaume-Uni sont les meilleurs élèves puisque 75,7% ont adopté une telle stratégie. Sans surprise, la mise en place d’une stratégie de neutralité carbone dépend de la taille des entreprises, les plus grosses étant plus à même d’adopter de tels objectifs. Mais l’un des gros points noirs est le manque de fiabilité et de disponibilité des informations. Seuls 37 % des émetteurs au niveau mondial publient des informations sur les initiatives de stratégie « verte », les sociétés britanniques se classant en tête (54,7 %), alors qu’elles sont moins d’une sur 5 en Asie et au Moyen-Orient. Là encore, la taille joue un rôle essentiel, la divulgation d’informations étant deux fois plus importante pour les sociétés de grande taille que pour les plus petites. Enfin, peu d’entreprises donnent des informations sur l’impact de leur stratégie carbone en termes de résultats. Aussi, la pression des parties prenantes (86,6 %) et de la réglementation (79,8 %) contribuent, selon les sondés à accroître la publication des informations liées à ces stratégies.

Du côté des investisseurs, les sujets environnementaux sont moins nouveaux. « La dynamique du financement durable se renforce avec 65,2 % des investisseurs qui envisagent d’accroître les investissements dans des projets sobres en carbone », note ainsi HSBC. Mais trois quarts des investisseurs constatent des obstacles pour l’investissement liés au changement climatique : l’absence de profondeur du marché / d’opportunités d’investissement crédibles (82,2%), l’insuffisance des études disponibles (63,9%) et de définitions normalisées par secteur (45,0%). Par ailleurs, 60,5 % des investisseurs n’ont pas d’approche spécifique sur l’investissement bas carbone dans l’ensemble de leurs portefeuilles. Enfin, la réglementation et le risque de publicité négative sont les principaux facteurs d’amélioration des niveaux de divulgation, surtout en Europe et aux Amériques. En revanche, ces critères ne sont que peu soulevés en Asie et encore moins au Moyen-Orient, où les investisseurs estiment que la communication d’informations est plus sensible aux pressions des parties prenantes.

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