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Ardian sur le point de boucler un fonds de secondaire de 10 milliards de dollars
Bénéficier d’un nom, d’une réputation et d’un track record persistant est le meilleur moyen de lever des fonds dans le private equity. Ardian, l’un des plus gros fonds de private equity européen et régulièrement classé parmi les acteurs les plus performants du non coté, en est la meilleure preuve. Selon Financial News, la maison emmenée par Dominique Senequier a bouclé la levée de son septième fonds de secondaire à 10 milliards de dollars, après seulement neuf mois sur la route et alors qu’elle visait un véhicule d’une taille similaire au dernier, soit 9 milliards de dollars. Le groupe aurait même reçu 13 milliards de dollars de souscriptions et a donc pu se permettre d’être sélectif. Il serait en train de finaliser la documentation de ce fonds, pour annoncer le closing ce mois-ci. Il bat donc les records de ses précédentes collectes en secondaire puisqu’il avait collecté 9 milliards de dollars il y a seulement deux ans et 7,1 milliards de dollars en 2012.
Il s’agit du deuxième plus important véhicule secondaire levé dans les trois dernières années, derrière celui de Lexington Partners, qui a atteint 10,1 milliards de dollars en avril 2015. Dans un contexte de surliquidité où les rendements classiques sont en berne, le marché secondaire représente une opportunité attractive pour les institutionnels, qui peuvent à la fois liquider une partie de leur portefeuille si besoin, mais aussi bénéficier de valorisations attractives à l’entrée. Le responsable de l’investissement au sein du fonds de pension des professeurs californiens (California State Teachers’ Retirement System) a ainsi déclaré la semaine dernière : « Nous surveillons le marché secondaire… Et nous allons essayer d’être plus proactif et d’y pénétrer à la fois en tant qu’acheteurs et vendeurs ».
La tendance est générale. Selon une enquête récente d’eVestment sur des fonds de pension gérant près de 8 100 milliards de dollars, ces derniers veulent faire passer la part des actifs alternatifs (Immobilier, private equity, actifs réels etc) de 15 à 19% de leur portefeuille dans les trois prochaines années. Cela a créé des vocations dans le monde du private equity : ICG est par exemple en train de lever son premier fonds de secondaire, pour lequel il viserait 1 milliard de dollars. Les fonds ont donc bien compris l’appétit ambiant et ont largement activé la manne du secondaire : selon Greenhill Cogent, le « dry powder » de ce segment (l’argent levé mais pas encore investi) atteindrait déjà 80 milliards de dollars début 2016, contre 29 milliards un an plus tôt ! Cela représente le double de l’activité annuelle du marché, où 40 milliards de dollars d’opérations ont été signées en 2015.
Avec cet afflux de demande, les décotes à l’achat se sont sensiblement resserrées : elles ne sont plus que de 6% en moyenne selon les données de Triago, et la catégorie des LBO large cap affiche même une légère prime. Les fonds de secondaire vont donc devoir opter pour des approches spécialisées pour se différencier, mais pourraient ne pas échapper à une revue de leurs objectifs de rendement à la baisse. Ce qui restera toujours mieux que des obligations tournant autour de zéro ou un marché actions de plus en plus volatil et imprévisible.
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