Macro-économie / Taux / Macro-économie / Politique monétaire
Macro-économie / Taux
Macro-économie / Politique monétaire
Le QE de Draghi n'a pas permis de soutenir le marché actions européen
Si le programme d'achat de titres lancé par Mario Draghi en mars 2015 a été une belle aubaine pour les investisseurs obligataires européens, il n'a en revanche pas permis de soutenir le marché actions du Vieux Continent. Ainsi l'indice MSCI de la zone euro a perdu près de 7,5% depuis le début du QE tandis que celui des sociétés non financières à haut rendement a de son côté gagné 1% sur la même période.
Et si l'indice européen a repris plus de 16% depuis mi-février, cela n'a pas pour autant redonné confiance aux investisseurs actions, qui ont retiré plus de 15 milliards d'euros du marché sur les huit dernières semaines et au contraire placé 9,7 milliards d'euros dans les fonds obligataires, selon les données de Bank of America. La tendance devrait malheureusement se poursuivre, alors que l'euro continue de se renforcer et que les perspectives de rendement sur les actions diminuent. Dans ces conditions, seule la BCE pourrait intervenir pour interrompre l'hémorragie sur le marché actions. C'est du moins l'avis des équipes de JP Morgan, qui estiment que Mario Draghi pourrait envisager de racheter des actions dans le cadre de son QE dès septembre prochain.
Après avoir progressivement élargi le spectre de ses achats, des obligations souveraines, aux obligations corporate non financières les mieux notées, la suite logique serait que la BCE inclut dans son programme des titres d'entreprises, estiment les analystes de la banque. Sachant que la traditionnelle opposition des Allemands au quantitative easing et qui plus est à l'achat d'actions par la BCE, pourrait faiblir dans les mois qui viennent : Jens Weidmann s'est montré effectivement plutôt conciliant vis-à-vis des choix du président de la BCE lors d'une intervention à Washington, dans l'optique de faire valoir sa candidature pour remplacer Mario Draghi à la fin de son mandat le 1er novembre 2019.
Mario Draghi pourra en outre faire valoir l'exemple d'autres grandes banques centrales qui ont franchi le pas des achats d'actions dans leur QE. La Banque du Japon achète des titres nippons depuis décembre 2010 et fait désormais partie des 10 premiers actionnaires dans plus de 90% des entreprises du Nikkei 225. Or le marché boursier japonais a grimpé de plus de 70% depuis le début de l'intervention de la BoJ.
Mais tous les analystes ne sont pas convaincus de l'efficacité d'inclure les actions européennes dans le QE pour soutenir les Bourses du Vieux Continent. Le dernier sondage mensuel réalisé par Bank of America auprès d'un panel d'investisseurs internationaux soulignait d'ailleurs que leur plus grande crainte était l'échec du programme de rachat de titres européen, avec la plus forte proportion depuis trois ans d'investisseurs ayant des vues baissières sur le marché européen. Selon les analystes de Morgan Stanley, ce n'est pas l'inclusion d'actions dans le programme d'achat de titres de la BCE qui permettra de booster les perspectives de profits des entreprises du Vieux Continent, mais bien une reprise économique plus vigoureuse, et une baisse de la devise unique. Or dans ce domaine, la BCE a déjà fait tout ce qui était en son pouvoir....
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

