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Brexit : le secteur financier toujours autant dans le brouillard
Le chancelier de l'Echiquier Philip Hammond s'est longuement exprimé hier devant le comité des finances de la chambre des communes à Londres, pour tenter de rassurer les parlementaires sur l'avancée des négociations. Si selon lui un accord commercial détaillé pourra être trouvé d'ici à octobre 2018 - deadline fixée par les Européens pour avoir le temps de faire ratifier l'accord de sortie par les Parlements nationaux avant mars 2019 - le sort des services financiers britanniques risque de ne pas être connu à cette date.
Le chancelier a ainsi reconnu que le Royaume-Uni n'avait pas encore engagé de discussions "substantielles" avec l'UE sur le sujet. "Nous nous sommes seulement accordés sur la période de transition. (...) Nous en sommes seulement aux propos préliminaires afin d'explorer ce que pourrait être notre future relation concernant les secteurs financiers", a ainsi affirmé Philip Hammond. Pas de quoi rassurer les banques de la City donc, qui craignent de ne pas être prêtes à assumer les changements législatifs le jour de la sortie. Cette semaine, le commissaire Vladis Dombrovskis a d'ailleurs encouragé les banques elles-mêmes à prendre les devants, afin de garantir que leurs contrats financiers ne deviendraient pas obsolètes quand le Royaume-Uni quittera l'UE.
A moins d'un an de la sortie en effet, les services financiers de Londres ne savent donc toujours pas à quelle sauce ils seront mangés : s'ils devaient perdre le fameux passeport européen, ainsi que Michel Barnier et Theresa May l'ont annoncé, ils attendent encore de savoir s'ils obtiendront le régime d'équivalence dont bénéficient les pays tiers. Régime pour l'instant accordé de manière unilatérale par l'UE et qui reste précaire puisqu'il peut être retiré dans un délai de 30 jours, si l'UE estime que le pays ne respecte plus les critères européens.
Face à ce manque de clarté et de certitudes, de nombreuses banques ont préféré se préparer au pire et demandé des licences dans plusieurs capitales financières de l'UE, telles que Paris, Francfort ou Amsterdam, pour être sûres de pouvoir continuer à exercer leurs activités post-Brexit. A défaut d'avoir plus de précisions de la part du gouvernement sur l'avenir des services financiers, le régulateur britannique a quant à lui annoncé il y a quelques jours qu'il consacrerait 30 milliards de livres au Brexit, afin d'aider les banques de la City à se préparer à la sortie du Royaume-Uni de l'UE. "Nous avons du pain sur la planche avec le Brexit, qui a entraîné un plus grand degré d'incertitude pour les banques", a ainsi affirmé Andrew Bailey, directeur général de la FCA. Un euphémisme au vu du calendrier du Brexit et du manque d'informations concernant le secteur financier dans les négociations.
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