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Euronext aligne son dixième trimestre de croissance à deux chiffres / Et annonce un nouveau programme de rachat d’actions de 350 millions d’euros
Chez Euronext, les trimestres se suivent et commencent à se ressembler sur un point depuis presque trois ans. L’opérateur boursier paneuropéen, qui publie jeudi ses résultats trimestriels, signe en effet son dixième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres. « Il s’agit même d’un trimestre historique depuis la création d’Euronext », souligne Stéphane Boujnah, directeur général et président du directoire du groupe, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.
Dans le détail, Euronext a réalisé un chiffre d’affaires de 547,4 millions d’euros entre juillet et septembre, soit une progression de près de 25 % sur un an. Son EBITDA ajusté, de 364,2 millions d’euros, a bondi de 31,6 %, tandis que la marge correspondante s’est portée à 66,5 %, en hausse de 3,3 points. Son bénéfice net ajusté dépasse les 223 millions d’euros et affiche un taux de croissance de 32 %. Il est de 31,5 % pour son bénéfice net ajusté par action. « Cette performance n’est pas le résultat d’un concours de circonstances ou de la volatilité des marchés. Nous avons fabriqué, chez Euronext, une machine diversifiée qui produit de la profitabilité et de la croissance », relève Stéphane Boujnah. Une diversification double, détaille le patron d’Euronext : au sein même des activités liées aux volumes, ainsi que d’expansion dans celles qui ne le sont pas.
La conséquence de la poursuite du travail
Du côté des premières, les revenus liés aux marchés d’actions ont grimpé de 33 %, à 124,6 millions d’euros : ils ont été soutenus tant par la volatilité des marchés que la forte performance d’Euronext Athènes, ou encore la croissance dynamique dans les ETF. Du côté des activités FICC (Fixed Income, Commodities and Currencies), la trajectoire est d’autant plus dynamique. Les revenus ont bondi de 48,1 %, à 121,3 millions d’euros. « Nous n’avions pas d’activité de taux il y a cinq ans, elle est désormais en très forte croissance. La dynamique est également très forte sur nos métiers liés à l’énergie. Nous avions autrefois un petit marché d’électricité au comptant dans la région nordique et baltique, et nous y avons désormais des marchés au comptant et dérivés, qui sont aussi en conquête de certains pays européens comme l’Allemagne. Et aux côtés de notre activité toujours vigoureuse dans les devises, celle des marchés agricoles s’est aussi beaucoup développée. Nos métiers de volumes sont plus diversifiés qu’ils ne l’ont jamais été », détaille Stéphane Boujnah.
Les activités décorrélées des volumes, qui pèsent à hauteur de 55 % du total des revenus, ne sont pas en reste. Les « securities services » ont crû de 12,2 % à 86,7 millions d’euros, tandis que la hausse est de 14,1 % pour les « capital markets and data solutions » (à 192,2 millions d’euros). En leur sein, il est par ailleurs à noter que les "primary markets" ont par exemple vu leurs revenus grimper de 15,6 %, soutenus de nouveau par la contribution d’Euronext Athènes, mais aussi par une activité d’admission solide et les volumes des transactions « follow-on », en dépit d’un environnement de marché volatil.
Sur les trois premiers trimestres de 2026, Euronext a capté 34 % des introductions en Bourse (IPO) en Europe (en incluant le Royaume-Uni et la Suisse) et 60 % des montants levés à l’introduction. « Euronext est le marché leader en Europe. Jusqu’ici, l’année a été meilleure que la précédente, même si elle reste en deçà des grandes années. Nous observons toutefois un redémarrage. Le pipeline est épais dans le shipping, notamment en Grèce et Norvège, l’aérospatial et la défense, ainsi que la technologie », précise Stéphane Boujnah.
Des livraisons en temps et en heure
La fin du troisième trimestre a aussi été marquée par le lancement du nouveau modèle européen du service de dépositaire central de titres d’Euronext Securities, le 21 septembre. « Tous les grands projets paneuropéens que nous avions annoncés en 2024, comme notre dépositaire central intégré, notre plateforme de trading d’ETF et celle de Repo clearing, ont été livrés. Ils sont désormais derrière nous en termes industriels, technologiques, réglementaires et opérationnels. Le travail à venir est celui du développement commercial, pour accélérer l’adoption de ces plateformes par nos clients », explique Stéphane Boujnah.
En parallèle de ses développements stratégiques, le groupe qui vient de dévoiler le nom du successeur de Stéphane Boujnah, n’a pas baissé la garde sur sa discipline. Le groupe a en effet annoncé, à l’occasion de cette publication, une réduction de 10 millions d’euros de sa prévision annuelle de base de coûts, qui était jusqu’ici anticipée à 770 millions d’euros pour 2026. « Nous sommes capables de conjuguer la croissance et la révision des coûts à la baisse », souligne Stéphane Boujnah. La situation bilancielle du groupe, avec un ratio de dette nette sur Ebitda de 1,1 fois à fin septembre, s’inscrit quant à elle dans la fourchette qui avait été établie par le groupe dans son plan stratégique « Innovate for Growth 2027 », dont la présentation fête désormais ses deux ans.
Le partage de la valeur
L’autre grande annonce de la publication d’Euronext concerne le lancement d’un nouveau programme de rachat d’actions, d’un maximum de 350 millions d’euros (environ 2 % du capital social en circulation d’Euronext). Il débutera le 9 novembre pour une durée maximum de douze mois. Une annonce qui souligne l’approche proactive du groupe en matière d’allocation du capital, indique Euronext, et sa confiance dans ses perspectives de croissance. Il s’agit du quatrième programme de rachat d’actions que le groupe lance - le premier de son histoire date de 2023 - et constitue le plus ambitieux d’entre eux. « C’est une opération significative de rémunération de nos actionnaires. Ce partage de la valeur va aussi se traduire par une prime exceptionnelle de 3 000 euros que nous allons verser en novembre, à tous les salariés du groupe dans le monde, dont la rémunération annuelle fixe se situe sous 120 000 euros, soit une grande majorité de nos collaborateurs », ajoute Stéphane Boujnah.
Et alors que le groupe entre dans la dernière ligne droite de l’exécution dans sa feuille de route, de bonnes nouvelles sont aussi venues se dessiner sur le plan réglementaire après la clôture du trimestre, avec certaines avancées observées sur le paquet sur l’intégration des marchés financiers européens. « Le premier papier de la Commission européenne était très ambitieux. La dynamique favorable, soutenue par les ministres des Finances allemand, français, italien, polonais, espagnol et néerlandais a créé un momentum qui a permis d’aller vite. Mais le compromis trouvé par le Conseil de l’Union européenne est inopérant sur plusieurs points. Il y aura nécessairement une clarification au Parlement », espère Stéphane Boujnah. « Mais nous nous réjouissons, dans l’ensemble, de la direction prise. C’est un développement réglementaire très favorable à Euronext », assure le patron d’Euronext.
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