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Engie / Catherine MacGregor

Engie passe à la vitesse supérieure dans les réseaux / Le dossier nucléaire belge attend toujours son dénouement

L’énergéticien vise désormais le haut de ses objectifs annuels, porté par les réseaux, les nouvelles capacités et les gains de performance. Mais les négociations avec l’État belge sur la reprise de ses activités nucléaires achoppent toujours sur leur valorisation.
05/11/2026 - 16:15
Catherine MacGregor, la directrice générale d’Engie. (Photo by JOEL SAGET / AFP)
Catherine MacGregor, la directrice générale d’Engie. (Photo by JOEL SAGET / AFP)

Engie avance plus vite dans les réseaux électriques et les batteries que dans ses discussions avec l’État belge. Alors que les négociations pour lui céder ses activités nucléaires viennent d’être prolongées pour la deuxième fois, l’énergéticien français a publié jeudi des résultats en nette progression et affiche une confiance renforcée pour 2026. Son résultat opérationnel (EBIT) hors nucléaire a atteint 7 milliards d’euros sur neuf mois, en hausse de 9,7 %, porté pour l’essentiel par l’intégration de UK Power Networks, le distributeur d’électricité de Londres, du sud-est et de l’est de l’Angleterre, dont le rachat, annoncé fin février, a été finalisé en mai. Celui-ci a apporté 452 millions d’euros en cinq mois. La croissance organique se limite à 3,3 %, mais elle a grimpé à 10,9 % au troisième trimestre, le deuxième d’affilée à deux chiffres. Le groupe vise désormais le haut de ses fourchettes annuelles : 4,9 à 5,5 milliards d’euros de résultat net récurrent, 9,2 à 10,2 milliards d’EBIT hors nucléaire.


Les batteries et les réseaux prennent le relais


Cette accélération repose d’abord sur les nouveaux actifs. Sur neuf mois, les nouvelles mises en service de capacités renouvelables, de batteries et de réseaux ont ajouté 418 millions d’euros à l’EBIT, et les gains du plan de performance 406 millions. Ces deux leviers ont plus que compensé l’effet défavorable des prix et des volumes, évalué à 519 millions. Le groupe a en outre franchi au troisième trimestre le seuil des 10 gigawatts de stockage en exploitation ou en construction, dont 7 GW de batteries, « une activité qui n’existait même pas chez Engie il y a cinq ans », a souligné Catherine MacGregor, sa directrice générale. Les réseaux deviennent également un pilier plus important de bénéfices régulés, notamment grâce au distributeur britannique UK Power Networks.

Ces relais sont d’autant plus nécessaires que les marges héritées de la crise énergétique s’érodent. L’EBIT de la production au gaz recule de 20,4 % en organique, celui de la fourniture aux entreprises (B2B) de 29,8 %, à mesure que s’éteignent d’anciens contrats très rémunérateurs. Le repli du B2B s’est toutefois resserré, après 39,4 % au premier semestre, ce qui implique une progression au troisième trimestre, relève le cabinet de recherche indépendant AlphaValue. Pour reconstituer les marges commerciales, Engie développe des contrats renouvelables 24 heures sur 24, avec une version intermédiaire assurant 60 à 70 % de correspondance entre production et consommation heure par heure, contre plus de 90 % pour l’offre premium. « Toute la beauté de ce produit, c’est qu’il offre à la fois une marge plus élevée et que nous pouvons en faire beaucoup plus, parce que la base de clientèle est plus large », explique Catherine MacGregor. Interrogé sur la solidité des bénéfices, le directeur financier Pierre-François Riolacci insiste : « Vous ne devez pas y voir un élément ponctuel ou particulièrement dopé. »

Cette transformation mobilise cependant de la trésorerie. Le flux opérationnel est tombé de 11,4 à 7,5 milliards d’euros, avec un besoin en fonds de roulement alourdi de 3,6 milliards par les prix de l’énergie et les appels de marge. « Ce sont des effets temporaires sur le besoin en fonds de roulement, pas une détérioration de la performance sous-jacente », assure Pierre-François Riolacci. Avec l’impact net de 13 milliards d’euros de l’acquisition britannique, la dette nette économique est passée de 45,2 à 62,5 milliards d’euros, soit 4,2 fois l’Ebitda. Engie vise un ratio proche de 4 en fin d’année.


La sortie du nucléaire bute sur son prix


Reste le dossier belge. Les deux parties se sont donné un mois au plus, jusqu’au 12 décembre, pour conclure le protocole d’accord prévu par la lettre d’intention du 29 avril, après un premier report au 4 novembre. Des « divergences significatives » subsistent sur la valorisation, notamment celle des passifs futurs de démantèlement. Engie cessera fin 2026 d’utiliser dans ses comptes les hypothèses de la Commission des provisions nucléaires belge au profit de ses propres estimations. La hausse anticipée des coûts serait compensée par une actualisation à des taux plus élevés, laissant la provision globalement stable autour de 8,6 milliards d’euros. Faute d’accord sur une reprise financièrement neutre, les accords Phoenix resteraient le cadre de référence pour les deux réacteurs prolongés, Tihange 3 et Doel 4. « Si nous n’avons pas d’accord, cela nous va aussi », prévient Catherine MacGregor.

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