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Politique économique / Thales / Orange / Engie / Participations de l'Etat

Politique économique
Thales / Orange / Engie / Participations de l'Etat

L’Etat actionnaire profite du vent de la souveraineté en Bourse / Et des dividendes qui vont avec

Alors que l’Agence des participations de l’Etat confirme avoir lancé une revue stratégique de son portefeuille, comme le demandait l’ancien Premier ministre François Bayrou, il est fort à parier qu’elle ne « lâchera » pas ses participations en lien avec la souveraineté de la France. Boosté par l’essor du secteur de la défense et la vigueur des télécoms et de l’énergie, le portefeuille coté de l’État a en effet bondi de 39,1 % en un an, écrasant la performance du CAC 40, si bien qu’en deux ans, l’État actionnaire a engrangé plus de 6,5 milliards d’euros de dividendes.
Patrice Caine, président-directeur général de Thales et Sébastien Lecornu (Premier ministre)  (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
Patrice Caine, président-directeur général de Thales et Sébastien Lecornu (Premier ministre) (Photo by Bertrand GUAY / AFP)

Les enjeux de souveraineté font visiblement les affaires de l’Agence des participations de l’Etat (APE). Entre le 30 juin 2024 et le 30 juin dernier, les participations cotées de l’Etat (10 participations d’une valeur boursière totale de 67,9 milliards d’euros - soit environ 32 % de la valeur totale du portefeuille -, contre 50 milliards l’année précédente), ont représenté un taux de rendement actionnarial total de + 39,1 % (en prenant en compte la performance des cours de Bourse et les dividendes perçus), excédant très nettement la performance du CAC 40 (+ 2,5 %) et de l’Euro Stoxx 50 (+ 5,9 %) sur la même période.

 

Thales en tête

 

"Ceci résulte de la forte progression boursière des valeurs du secteur de la défense dans un contexte géopolitique fragile et également des tendances favorables pour les valeurs des secteurs des télécommunications et de l’énergie", explique l’APE dans son dernier rapport d’activité. De fait, cette performance est à mettre en lien avec la prédominance du secteur de l’aéronautique et de la défense. Il représentait au 30 juin dernier 62,5 % de la valeur, avec Airbus, Safran et Thales, la part du secteur de l’énergie (Engie et Eramet) étant de 17,4 % et les télécommunications de 6,8 % avec Orange.

Et c’est avec le groupe Thales que l’APE a enregistré la meilleure progression de son portefeuille coté, avec une hausse entre le 30 juin 2024 et le 30 juin dernier, de 67 %, à comparer à celle de 71,2 % pour l’indice de référence européen, le Stoxx Europe 600 Aerospace & Defense. "Les valeurs du secteur de la défense en Europe ont en général été très recherchées tout au long de l’année écoulée, toutefois le mouvement s’est accéléré depuis le mois de février 2025 et le changement de politique internationale aux Etats-Unis, qui a entraîné de multiples annonces de hausse des dépenses publiques d’armement, des pays membres de l’OTAN en particulier, ce qui devrait se traduire favorablement dans les carnets de commandes des entreprises du secteur ", souligne l’APE.

 

Des dividendes qui servent à combler le déficit

 

L’on notera que sur cette même période, Orange a également connu une forte hausse, de 38,1 %, surperformant ainsi l’indice sectoriel Stoxx Europe 600 Telecommunications (+ 24,3 %). Engie, enfin, est également en forte hausse de 30,1 % sur un an, au-dessus de l’indice de référence Stoxx Europe 600 Utilities (17,3 %), grâce à de solides performances opérationnelles et financières. "Le travail de l’APE, en tant qu’actionnaire, consiste notamment à veiller à la performance et à la solidité des entreprises de son portefeuille. Notre action contribue aux bons résultats de nos entreprises, lesquels se traduisent par le versement de dividendes significatifs. En 2024, ces dividendes se sont élevés à 2,4 milliards d’euros et pour l’année 2025 les entreprises à participations publiques ont déjà versé plus de 4,3 milliards d’euros, soit plus de 6,5 milliards d’euros ces deux dernières années. Ainsi, à travers son rôle d’actionnaire, l’APE participe chaque année à l’effort de réduction du déficit public. Il convient de rappeler que les dividendes perçus des entreprises du portefeuille de l’APE sont intégralement versés au budget général de l’État", a rappelé Alexis Zajdenweber, Commissaire aux participations de l’Etat, directeur général de l’APE, confirmant conduire, comme l’avait demandé l’ancien Premier ministre, François Bayrou dans sa conférence budgétaire de juillet dernier, à une revue approfondie du portefeuille de l’Etat actionnaire. "L’État détient aussi des participations dans de grandes entreprises. Plusieurs sont essentielles, elles doivent être protégées pour jouer leur rôle stratégique mais dans certaines de ces entreprises, la participation de l’Etat pourrait être diminuée sans réduire son influence", expliquait alors le maire de Pau.

 

Eramet, la performance la plus difficile du portefeuille

 

ADP, Eramet et Renault sont les trois seules participations cotées de l’APE dont la valeur est en baisse sur la période entre juin 2024 et juin 2025. Le recul d’ADP (-6,3 % vs. Stoxx Europe 600 Industrial Goods & Services + 20,3 %) est lié principalement aux incertitudes sur l’évolution de la régulation sur les aéroports parisiens. Renault est également en baisse (-18,2 %) en ligne avec son secteur (Stoxx Europe 600 Auto & Parts -17,6 %), en dépit de performances financières qui sont restées bien meilleures que ses principaux comparables et le titre ayant également été touché par des évolutions managériales. "Finalement, Eramet est la performance la plus difficile du portefeuille coté entre juin 2024 et juin 2025, avec une baisse de -51,2 %. Le secteur des métaux a été sous pression sur cette période (Stoxx Europe 600 Basic Resources -18,3 %) principalement en raison de la baisse des prix des matières premières, liée aux inquiétudes sur la croissance chinoise", indique l’APE.

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