Macro-économie / Taux / France Gaz / Catherine MacGregor / Engie
Macro-économie / Taux
France Gaz / Catherine MacGregor / Engie
La filière hexagonale du gaz reste convaincue de sa place centrale dans la transition énergétique / Les différents aléas politiques et internationaux ne lui font pas baisser les bras
"Nous n’arrivons pas à mettre en œuvre la transition énergétique sans le gaz". Catherine MacGregor, la directrice générale d’Engie, n’a pas fait de mystère - lors du congrès France Gaz - de son attachement à cette source d’énergie tout en rappelant que l’ensemble de la filière devait veiller à s’assurer que cette transition soit à la fois abordable et souhaitable pour tous. Elle a d’autant plus insisté sur ce point que la nécessaire électrification des usages ne devrait pas dépasser 50 % du mix énergétique français à l’horizon 2050.
De quoi laisser le champ libre au gaz pour répondre à une grande partie de la demande et ce en raison du repli à venir de la consommation d’énergies fossiles. Allant jusqu’à évoquer une obsession que l’ensemble des participants au congrès devraient avoir et qui serait le "maintien du coût du système le plus abordable possible". Son souhait de concilier économie et écologie avait trouvé un écho un peu plus tôt dans la matinée dans les propos de Frédéric Martin, le président de France Gaz, lequel soulignait que "les dernières crises sont l’illustration du besoin de bas carbone".
Maîtrise
La vitesse à laquelle évolue la filière tricolore n’est pas à remettre en cause selon le président de France Gaz, ce dernier expliquant qu’elle est " au rendez-vous des résultats, la France est devenue en moins de dix ans le leader européen" sur cette thématique bien précise, notamment en s’appuyant sur ses agriculteurs. Des effets tangibles de l’ensemble des efforts des acteurs du gaz tricolore ont été soulignés notamment par Patrick Martin, le président du Medef, lequel a transmis - à distance - le message qu’il mesurait "parfaitement la contribution de la filière à l’économie française".
Le sujet de la souveraineté tricolore est indissociable des problématiques liées au gaz, ce dernier est considéré par Catherine MacGregor comme disposant d’atouts indéniables tels que sa flexibilité notamment en termes de stockage. De quoi permettre de garder les coûts sous contrôle étant donné que "ça reste produit localement et permet une maîtrise de la volatilité des coûts associés". Évoquant la question du biométhane la dirigeante a expliqué que "son potentiel à l’horizon 2030 c’est l’équivalent de la consommation de gaz russe avant la guerre en Ukraine". De quoi, espère-t-elle, réconcilier les enjeux locaux, nationaux et voire européens.
Tendance
La question des cours n’a pas manqué d’être posée et notamment à Aurélien Hamelle, le directeur général stratégie et développement durable chez TotalEnergies, dont il est également membre du comité exécutif, ce dernier expliquant que le gaz naturel liquéfié (GNL) devrait voir son prix diminuer dans les trois à quatre années qui viennent. Il considère que la "liquéfaction était déjà saturée avant qu’il n’y ait le sujet du gaz russe ", les capacités arriveront cependant dans les années à venir notamment aux Etats-Unis. De quoi permettre d’apaiser les tensions suscitées par la moindre consommation de gaz russe et le report vers le GNL.
Le directeur général stratégie et développement durable juge que cette dynamique avait fait "augmenter les prix en raison de la compétition avec l’Asie ", cette dernière augmentant sa consommation de charbon pour faire face à cette concurrence. Cécile Prévieu, vice-présidente exécutive en charge des activités de réseaux d’Engie, s’attend à une détente en termes de prix - en ce qui concerne le gaz vert produit sur le sol hexagonal - et ce grâce à une potentielle exploitation des déchets organiques en complément de ceux agricoles tout en bénéficiant d'effets de taille.
Un mécanisme d’incitation réglementaire existant outre-Atlantique a également été expliqué en détail par Aurélien Hamelle, il prend la forme d’un crédit d’impôt utilisable et mobilisable dès le début d’un projet afin de mobiliser des financements. Une façon de faire très efficace à ses yeux et actuellement en vigueur dans 20 États américains, une preuve supplémentaire que l’administration Trump n’a définitivement pas détricoté toutes les mesures mises en place par Joe Biden.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

