WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Dassault Systèmes / Pascal Daloz

Entreprises / Actions
Dassault Systèmes / Pascal Daloz

Dassault Systèmes relève ses objectifs sans convaincre / ArisGlobal gonfle la prévision de croissance

L’éditeur de logiciels a dépassé les attentes au troisième trimestre, porté notamment par les licences. Mais derrière l’amélioration des marges, sa croissance organique peine toujours à prendre de la vitesse.
29/10/2026 - 09:45
Dassault Systèmes affiche des marges en progrès, mais peine à accélérer sa croissance. (Photo by Bastien Ohier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Dassault Systèmes affiche des marges en progrès, mais peine à accélérer sa croissance. (Photo by Bastien Ohier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

« Vous pouvez le regarder comme vous voulez, mais c’est un troisième trimestre vraiment solide. » C’est sur ces mots que Pascal Daloz a conclu mercredi sa conférence avec les analystes, à l’issue d’une séance boursière difficile pour Dassault Systèmes, le titre ayant reculé de 4,5 %, à 23,58 euros. L’action reprenait toutefois 3,4 % jeudi matin, à 24,39 euros. L’éditeur a pourtant dépassé les attentes au troisième trimestre, avec un chiffre d’affaires de 1,55 milliard d’euros, en hausse de 5 % à taux de change constants, et une marge opérationnelle non IFRS en progression de 150 points de base, à 31,6 %. Mais c’est moins le niveau des résultats que la qualité de la croissance qui interroge.


Licences et ArisGlobal à la rescousse


Les licences et autres ventes de logiciels ont bondi de 14 %, portées par la Chine et une base de comparaison faible, tandis que les revenus de souscription et de support, qui représentent 84 % du chiffre d’affaires logiciel, n’ont progressé que de 3 %. Le léger dépassement des attentes provient ainsi largement des licences, observe la banque Oddo BHF. Un constat nuancé toutefois par Rouven Bergmann, le directeur financier du groupe : les revenus de souscription ont progressé de 6 %, malgré une base de comparaison élevée, tandis que la maintenance stagne, a-t-il souligné.

Surtout, « lorsque vous signez d’importants contrats de souscription pluriannuels, la part initiale est comptabilisée en licences. Vous ne voyez pas toute la valeur de la souscription dans la ligne souscription », explique-t-il. Ce mécanisme représente environ 15 % à 16 % des licences du trimestre. Il reste que quinze contrats concentrent 80 % de la hausse nette de l’ARR de souscription (revenus annuels récurrents), tandis que les Amériques, première région du groupe, affichent un recul de 3 %. La direction invoque une base de comparaison exigeante et des signatures concentrées en fin d’année, mais « le rattrapage promis pour le quatrième trimestre reste à prouver », juge le cabinet de recherche indépendant AlphaValue.

Le relèvement de la prévision annuelle de croissance, de 3 % à 5 % auparavant à 4 % à 5 % désormais, doit lui aussi être relativisé. La nouvelle fourchette intègre ArisGlobal, spécialiste de la pharmacovigilance racheté pour 1,8 milliard de dollars, dont la contribution représente 0,5 point. Hors acquisition, la croissance organique attendue reste comprise entre 3,5 % et 4,5 %, soit un point médian inchangé, relève Oddo BHF. Au quatrième trimestre, la croissance attendue de 5 % à 8 % comprend également 2 points liés à ArisGlobal, ce qui ne laisse entrevoir aucune accélération organique malgré une base de comparaison plus facile.


La productivité change la donne


La rentabilité affiche en revanche une progression plus convaincante. Les dépenses commerciales et marketing n’ont augmenté que de 1 %. AlphaValue note aussi que le déploiement d’outils d’IA agentique auprès des 12 000 ingénieurs du groupe contribue également aux gains de productivité, permettant notamment de réduire de moitié le rythme des recrutements. L’objectif de croissance du bénéfice par action (BPA) annuel passe ainsi à 6 % à 7 %, contre 3 % à 6 %. « Personne ne conteste au fond le fait que, sur le BPA, le haut de la fourchette devient désormais le bas de la fourchette », fait valoir Pascal Daloz.

Mais l’amélioration des résultats ne fait pas disparaître certaines difficultés commerciales. Si le chiffre d’affaires de 3DEXPERIENCE, plateforme réunissant les outils de conception, de simulation et de gestion des projets industriels, a bondi de 25 % au troisième trimestre, Dassault Systèmes doit encore améliorer l’efficacité du réseau de partenaires chargé de la commercialiser. Contrairement à SOLIDWORKS, son logiciel de conception 3D vendu sous forme de produit standardisé, cette offre nécessite de mobiliser plusieurs expertises, de l’intégration informatique au cloud en passant par l’ingénierie. « Nous devons reconstruire tout un réseau de partenaires pour commercialiser efficacement notre offre. Et nous avons encore du travail à accomplir dans ce domaine », reconnaît Pascal Daloz.


L'IA industrielle prépare son passage à grande échelle


À ce défi commercial s'ajoute celui de l'intelligence artificielle. Devenue agentique cet été, 3DEXPERIENCE intègre désormais des assistants virtuels testés auprès d'une centaine de clients stratégiques. Chez Volkswagen, un premier agent coordonne le travail des équipes d’ingénierie et peut faire appel à un second, spécialisé dans l'exploration des options de conception. Reste à transformer ces premiers usages en solutions commercialisées à grande échelle, sans que Dassault Systèmes chiffre encore les revenus susceptibles d'en découler. « Maintenant, nous devons passer à l’échelle avec cela. Et ce sera un point d’exécution clair pour 2027 », souligne Pascal Daloz. Le dirigeant présentera ses ambitions lors de la journée investisseurs du 17 novembre.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article