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Dassault Systèmes parie sur la convergence du réel et du virtuel / Une croissance progressive sous l’impulsion de l’IA générative
Les investisseurs ne sont pas à un an près. Vendredi, le cours de Dassault Systèmes évoluait en légère hausse à l’annonce d’une nouvelle feuille de route dévoilée lors du Capital Markets Day. L’acteur mondial de l’ingénierie virtuelle vise désormais un doublement de son bénéfice net par action… mais un an plus tard que prévu.
Le bénéfice net par action (BNPA) devrait atteindre 2,4 euros d’ici à 2029, à comparer à 1,20 euro en 2023. Pour mémoire, lors d’une journée investisseurs organisée en juin 2023 quelques mois après l’arrivée de Pascal Daloz à la direction générale, l’entreprise visait déjà un BNPA compris entre 2,20 et 2,40 euros, mais dès 2028.
Si Dassault Systèmes repousse donc d’un an l’atteinte du haut de cette fourchette, cela n’en reste pas moins ambitieux. Cette trajectoire s’appuie notamment sur la poursuite d’une allocation stratégique du capital, en particulier à travers des fusions-acquisitions ciblées, comme l’a précisé le directeur financier, Rouven Bergmann.
Fusions-acquisitions : un apport sujet à caution
Du côté des analystes, le ton est prudent. "Nous nous attendions à un ajustement plus important", observe Bank of America. Selon leurs calculs, l’objectif de 2,4 euros pourrait ainsi reposer sur une contribution inchangée des fusions-acquisitions, estimée à 0,20 euro par action comme dans les précédentes indications. Cela impliquerait un BNPA organique de 2,2 euros en 2029, soit 9 % au-dessus du consensus actuel, fixé à 2 euros.
Pour autant, selon eux, "il est risqué d’ajouter explicitement les fusions-acquisitions dans les prévisions, car il n’y a aucune certitude que des opérations de grande valeur puissent être réalisées."
Pour atteindre ses objectifs, Dassault Systèmes mise fortement sur les 3D UNIV + RSES, présentés comme un tournant technologique majeur. Cette nouvelle génération d’environnements hybrides, alliant virtuel et réel (V + R), ouvre la voie à une utilisation plus poussée de l’intelligence artificielle générative. Elle permet à ses clients d’élargir leur champ d’innovation, de gagner en productivité tout en garantissant la protection de leur propriété intellectuelle.
Ce virage stratégique a occupé une place centrale dans la présentation de Pascal Daloz, vendredi. Le directeur général a insisté sur l’élargissement du marché qu’implique cette transformation. Grâce à sa plateforme 3DEXPERIENCE – qui permet aux entreprises de modéliser, simuler et gérer l’ensemble du cycle de vie de leurs produits dans un environnement virtuel intégré – Dassault Systèmes évalue déjà son marché adressable à 100 milliards de dollars.
Un marché potentiel de mille milliards de dollars
Avec l’économie générative, Dassault Systèmes veut franchir une nouvelle étape. Il ne s’agit plus uniquement de concevoir des objets, mais de bâtir les conditions de leur émergence, de leur adaptation et de leur évolution, à travers la convergence du réel et du virtuel, dopée par l’intelligence artificielle. "Le monde virtuel ne se contente plus de représenter le réel, il le génère", a souligné Pascal Daloz.
Cette mutation structurelle ouvre, selon l’entreprise, un marché potentiel dix fois plus vaste, évalué à mille milliards de dollars à long terme. Pour l’atteindre, Dassault Systèmes devra élargir son champ d’action au-delà de ses bastions industriels historiques, en s’ancrant davantage dans la santé, les infrastructures ou encore les villes intelligentes.
Une vision ambitieuse, qui fait rêver. Mais sur le terrain, la trajectoire s’annonce graduelle. Les nouvelles prévisions tablent sur une accélération progressive de la croissance du chiffre d’affaires, concentrée sur la seconde moitié du plan. Une structure qui n’échappe pas à l’œil critique des analystes.
"Compte tenu des antécédents de Dassault, la plupart des observateurs considèrent que des objectifs concentrés en fin de période comportent un risque", prévient Jefferies. Le véritable défi est désormais de convaincre que cette montée en puissance différée permettra d’éviter un nouvel ajustement dans deux ans.
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