WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux

Macro-économie / Taux

France : comment les canicules devraient amputer sa croissance en 2026 / L’agriculture paie le prix fort

Bercy estime que les vagues de chaleur et la sécheresse de l’été pèseront de 0,1 point sur la croissance économique cette année. Un choc encore largement concentré sur l’agriculture, dont la valeur ajoutée pourrait reculer de 8 %, mais dont l’ampleur reste susceptible d’être révisée.
Roland Lescure, ministre de l'Economie et des Finances - Photo par QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Roland Lescure, ministre de l'Economie et des Finances - Photo par QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

La croissance française n’avait pas besoin de cela. Les épisodes de chaleur et de sécheresse qui ont marqué l’été 2026 devraient retirer 0,1 point de Produit intérieur brut (PIB) à l’économie française en moyenne annuelle, selon une première estimation communiquée par Bercy. Un impact qui peut sembler limité à l’échelle de l’économie, mais qui masque un choc beaucoup plus brutal pour certains secteurs, au premier rang desquels l’agriculture.

Les premières données disponibles dressent un tableau particulièrement dégradé pour les productions agricoles. La production de maïs est attendue en baisse de 35 % en 2026 par rapport à 2025, selon les données citées par Bercy. Les prairies ont elles aussi fortement souffert : au 10 août, leur pousse cumulée était inférieure d’un tiers à la normale, réduisant mécaniquement les disponibilités en fourrages pour l’élevage.

Cette dégradation commence déjà à apparaître dans les comptes nationaux. À l’issue du deuxième trimestre, l’acquis de croissance de la valeur ajoutée agricole s’établit à -5,7 %, d’après l’Insee. Bercy estime désormais que la valeur ajoutée agricole pourrait reculer de 8 % sur l’ensemble de 2026 sous l’effet des différents chocs ayant frappé le secteur. La baisse serait ainsi de l’ordre de la moitié de celle enregistrée en 2003, année de la grande canicule, lorsque la valeur ajoutée agricole avait chuté d’environ 15 %.

Le recul attendu ne peut toutefois pas être attribué aux seules températures extrêmes. Bercy souligne que l’agriculture française a également subi les conséquences du conflit au Proche et au Moyen-Orient. La flambée des prix du gaz a notamment renchéri le coût de production des engrais azotés. Les perturbations du commerce mondial d’engrais constituent un autre facteur de tension : près d’un tiers de ces produits transite par la zone de conflit, selon les éléments communiqués par Bercy.

A noter que les conséquences économiques de la chaleur sont nombreuses, en effet, les températures élevées peuvent réduire la productivité du travail, particulièrement dans les métiers physiques et les activités exercées à l’extérieur. Elles peuvent également perturber certains chantiers, les transports ou encore les infrastructures énergétiques.

« Les données conjoncturelles disponibles ne font pas apparaître, à ce stade, de décrochage généralisé de l’activité et soulignent que les entreprises ont largement adapté leur organisation », explique-t-on au ministère de l’Economie et des Finances.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article